En marche pour les Municipales

La République en marche lorgne déjà sur les élections municipales de 2020 avec l'ambition avouée de ravir les trois plus grandes mairies que sont Paris, Lyon et Marseille.

En marche pour les Municipales

Le parti LREM lance la grenade En marche pour l'Europe. Les élections européennes, c'est l'année prochaine. Mais c'est une autre élection qui concentre l'attention d'Emmanuel Macron...

Car oui, selon le principe d'une élection qui peut en cacher une autre, c'est vers les élections municipales que le président regarde avec attention. Emmanuel Macron a ainsi donné pour consigne d'être en mesure de remporter une quinzaine de grandes villes, dont les trois principales : Paris, Lyon et Marseille.

Le scrutin est prévu pour 2020 mais se prépare dès aujourd’hui. Au siège de LREM, les troupes sont en ordre de marche. Une nouvelle équipe politique devrait d'ailleurs rejoindre la direction autour de Christophe Castaner. On l'a bien compris hier, ici même sur notre antenne, la sénatrice socialiste Samia Ghali se verrait bien conduire une liste libre de toute étiquette à Marseille. De la à dire une liste commune, un petit pas reste à franchir...

Dans les grandes villes, Christian Estrosi, avec son mouvement "la France audacieuse", travaille pour des listes Macron compatibles. Surtout, un soin particulier est porté aux petites villes de 1 500 habitants. Pourquoi ? Parce qu'elles échappent au scrutin de liste. Et les marcheurs cherchent, dans ces endroits, des personnalités qui peuvent récupérer l'estampille LREM et gagner ainsi des petites mairies, ce qui permettrait de construire un réseau de maires de petites villes pour battre en brèche le fameux discours sur le président des villes, à propos de Macron. Un reproche qui est au cœur de l'argumentaire de la droite.

On regardera aussi les mairies symboliques et particulièrement Paris, où l'on entend beaucoup de rumeurs. La dernière en date, celle selon laquelle Édouard Philippe pourrait se présenter. Que faut-il en penser ? Il faut d'abord se demander qui a intérêt à la propager. Selon mon enquête, il faut regarder du côté de l'Élysée : laisser accréditer cette idée a surtout pour but de calmer les nombreuses ambitions, dit on dans des petits cercles au sommet de la majorité. La décision pour Paris sera, en réalité, l'une des plus sensibles pour Emmanuel Macron. C'est aussi pour cela qu'il reporte l'arbitrage sur l'organisation du Grand Paris, pour la cinquième fois, car, suivant la décision, cela reviendrait à créer une baronnie et le président ne veut pas laisser créer des barons. Il sait parfaitement ce que ça peut devenir. C'est pourquoi il laisse toutes les portes encore ouvertes pour rester maître du jeu.

Bref, Macron fait de la politique à l'ancienne, parce que le monde nouveau consiste surtout à garder pour lui-même les usages du code ancien.

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