Emmanuel Macron veut aller plus loin sur la baisse des APL

Jean-Baptiste Giraud évoque ce matin la nouvelle baisse des APL envisagée par Emmanuel Macron.

Les locataires n’ont pas fini de pleurer. Après la baisse de 5 euros des APL à partir du premier octobre, Emmanuel Macron, lui-même, travaille sur une autre baisse encore plus massive, laquelle pourrait atteindre 1 milliard d'euros l’an prochain. Combien cela représente pour un locataire ?

Pour certains, cette baisse des APL pourrait aller jusqu'à 50 euros par mois... 50 euros, c’est une somme ! Quand vous rapportez cela à une année, ça nous donne 600 euros. C’est prioritairement le budget loisirs, vacances ou week-end qui va "morfler" pour ceux qui ont les moyens d’avoir ce type de budget. Pour les autres, il faudra piocher dans l’habillement ou l’alimentation.

Seulement voila, le gouvernement sait que la pilule d’une baisse massive des APL sera difficile à avaler pour les locataires, soit pour une bonne moitié des Français. Il négocie donc en parallèle avec les organismes HLM une baisse des loyers du même montant. C’est la promesse d'une opération blanche. Sauf que tout le monde n’est pas logé en HLM. Ce type d'habitat ne compte que 4,2 millions de logements qui abritent 10 millions d’habitants. Il reste donc au bas mot 20 millions de personnes logées dans le secteur privé. Et ces propriétaires ne sont pas disposés du tout à baisser les loyers car les charges, elles, ne cessent d’augmenter, sans parler de la taxation des revenus locatifs, de plus en plus élevée.

Et puis, pour en revenir aux HLM, pour l’instant, c’est un vœu pieu du gouvernement de les voir baisser leurs loyers. Ils sont indépendants, gérés par des collectivités et des sociétés d’économie mixte. Ces HLM ont besoin des loyers qui leur sont versés pour pouvoir construire de nouveaux logements ou tout simplement rénover.

Cette idée de contraindre les propriétaires de baisser leurs loyers pourrait s’avérer être en réalité une fausse bonne idée, car cela dégoûterait les propriétaires d’investir dans l’entretien ou la rénovation de leurs biens immobiliers, et éloignerait les organismes HLM de leur mission première...

Juste un chiffre : il y a 1,2 million de demandes de logements à loyer modérés en souffrance en France.

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