Droit d’asile : LREM veut garder sa majorité soudée et garde en mémoire le cas Tony Blair

La loi sur le droit d’asile crée des tensions au sein de la majorité parlementaire. De là à parler de frondeurs, il y a encore un certain pas à franchir...

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L’enjeu politique de ce débat sera de voir si La République En Marche va perdre du crédit politique, se fracturer, se diviser. Quand on regarde la géopolitique de ce groupe, on ne peut pas – encore – dire qu’il y a un processus de formation de frondeurs. Le cri de la députée Sonia Krimi, qui avait fait sensation en affirmant à la tribune que les demandeurs d’asile n’étaient pas des terroristes, était en fait un cri isolé sur lequel on ne fonde pas une politique. Quant au fameux pôle social de Brigitte Bourguignon, il est intéressant de constater que lui non plus ne s’appuie pas sur la critique d’un texte précis permettant de faire un levier de contestation politique, comme on l’avait vu avec les frondeurs du précédent quinquennat. Si l’on compte l’apport des députés d’Agir et du MoDem, on peut dire qu’il n’y aura pas de doute sur ce vote, mais effectivement le groupe de la majorité présidentielle pourrait affronter sa première épreuve de cohésion.

Il faut savoir que la méthode a été définie dès le début de la législature. Jean-Paul Delevoye m’avait expliqué qu’avec 300 députés de formations et de provenances aussi diverses, il y aura bien évidemment des divergences. Bien entendu, il y a eu des consignes de vote sans état d’âme sur le code du Travail, sur le budget ou d’autres réformes symboliques, mais sur les sujets de société, on laissera les divergences apparaître. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’au sein de La République En Marche, on garde l’exemple de Tony Blair, qui a perdu parce qu’il a voulu caporaliser une majorité importante !

Quand on voit la sociologie du pôle social par exemple, on constate qu’il y a encore beaucoup de députés de la précédente législature qui ont envie d’exister et de sortir du lot. En ce début d’année, avec les textes sensibles et les élections partielles, l’enjeu réel de la majorité sera de montrer montrer qu’elle est capable de fonctionner de manière classique, selon les codes de l’ancien monde. Car rien n’y fait, en Vème République, pour fonctionner, un pouvoir doit compter sur un groupe d’élus et sur un parti pour soutenir son gouvernement. De ce point de vue politique, le quinquennat commence.

Réécoutez en podcast l’édito de Michaël Darmon dans le Grand Matin Sud Radio