Chute inquiétante du marché de l'immobilier

La croissance française n’est pas au mieux et un des secteurs clef de notre économie voit sa situation se dégrader trimestre après trimestre, ce secteur c’est le marché de la construction.

Le marché de la construction n’en finit plus de s’effondrer puisque le nombre de permis de construire accordés a nettement baissé au troisième trimestre tandis que les mises en chantier ont continué elles aussi à baisser selon le ministère de la Cohésion des territoires. Entre juillet et septembre, 122.100  permis de construire ont été octroyés, soit une baisse de 10,2% par rapport à la même époque de 2017. Le nombre de mises en chantier, lui, a diminué de 7,9% à 85.100. Mais tous les types de constructions ne sont pas frappés de la même manière. 

Le marché des logements individuels groupés – ce qu’on appelle des lotissements- marque un léger redressement, les maisons individuelles "pures" et  les "logements collectifs" sont en nette baisse puisque les permis de construire ont reculé de 10,9% et 17,1% sur le dernier trimestre. Pour ce qui est des mises en chantier, qui sont la conséquence des permis de construire, leur nombre recule dans toutes les catégories. 

Mais alors quelles sont les causes de cette baisse ? Pour certains ce sont les élections municipales en 2020 qui rendent la plupart des élus réticents à accorder des permis de construire. Il y a aussi les économies demandées aux offices HLM par le gouvernement, à hauteur de 1,7 milliard d’euros par an. Les bailleurs sociaux, qui représentent 75% des ventes en bloc ont donc réduit leur investissements. Le ministre du Logement, Julien Denormandie reconnaît que les réformes du gouvernement ont pu créer des "interrogations" et susciter "des décalages de projets".

Il y a aussi probablement une cause fiscale avec la suppression de l’ISF, l’impôt de solidarité sur la fortune, qui a été remplacé par l’IFI, impôt sur la fortune immobilière, qui frappe les propriétaires immobiliers au delà d’un patrimoine immobilier de 1,3 millions d’euros. L’IFI a d’ailleurs été une bonne surprise pour le gouvernement puisqu’il a rapporté 1,2 milliards en 2018 et devrait rapporter 1,53 milliards en 2019. Des recettes supérieures de 70% aux prévisions du gouvernement. Le mauvais côté de l’IFI est que les investisseurs immobiliers qui n’ont pas atteint les 1,3 millions d’euros de patrimoine préfèrent arrêter d’investir dans la pierre pour mettre leur argent ailleurs.

C’est inquiétant pour notre économie puisque fin 2017 le bâtiment embauchait 1 441 000 personnes dont 1 069 000 salariés pour un chiffre d’affaires de 135 milliards d’euros. Le bâtiment fait travailler de nombreux secteurs de l’industrie puisqu’il faut du béton, de l’acier, du verre, du plastique, du plâtre, des briques bref presque tous les secteurs travaillent pour le bâtiment. D’ailleurs comme disent les économistes : quand le bâtiment va tout va. Si la croissance est en panne aujourd’hui, c’est en partie parce que le bâtiment ne va pas bien !