Ces jeunes qui ne veulent pas travailler !

Certains jeunes diplômés décident de ne pas travailler et choisissent une autre vie, c’est sérieux ?

C’est en effet un mouvement étonnant qui montre que nos sociétés occidentales sont en profond bouleversement car on ne parle pas de jeunes marginaux, fêtards ou paresseux mais de jeunes très intégrés qui viennent de tous les milieux. Ils ont souvent fait des années d’études, médecine, khâgne, et après avoir bien réfléchi, ils décident de changer de vie. L’idéal du bon salaire, de la maison avec une grosse voiture ne les fait plus rêver, ils trouvent même ce modèle complètement dépassé et veulent autre chose. Ils choisissent une vie moins conformiste qui ne passe pas par le travail et qui leur donne du sens, c’est le mot qui revient toujours.

Ça ne doit pas toujours plaire à leurs parents !

Non, et justement ils ne veulent pas vivre comme leurs parents, obsédés par leur travail. L’historien américain James Livington explique dans son livre « Fuck work, Pour une vie sans travail (Flammarion) » que ce sont des idéalistes qui veulent réinventer une autre société. C’est vrai que quand qu’on rencontre quelqu’un, la première question c’est « tu fais quoi dans la vie ? ». Eux s’intéressent à cette autre question : « tu es quoi dans la vie ? ». Le CDI ne les fait plus rêver et parfois ils démissionnent d’un boulot intéressant pour ne pas se faire polluer, vissés derrière un bureau et alors devenir un produit de l’individualisme et de la loi de l’argent.

Oui mais il faut bien vivre, comment font-ils financièrement ?

Des petits boulots, on les trouve souvent en intérim. Ils vivent très simplement, mettent de l’argent de côté, vont bosser à l’étranger quelques mois, certains vivent dans un camion et se baladent allant de petit boulot en petit boulot, bref c’est la débrouille. Ce n’est pas toujours facile mais la liberté n’a pas de prix. Ce qui est dur c’est leur déception à la sortie des études. L’économiste Pierre-Yves Gomez explique dans Madame Figaro : « Les entreprises visent avant tout le résultat. Le travail est devenu une marchandise comme une autre. En résumé, quand on aime le travail, on n’aime plus travailler. » C’est une véritable interrogation !