Brexit : le chaos tant annoncé n’a pas eu lieu, rien de dramatique ne s’est passé

Quelques mois après la décision officielle des Britanniques de quitter l’Union européenne, l’apocalypse que nous ont vendue certains se fait toujours attendre.
 

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Le moment est venu de commencer à tirer les leçons de la décision des électeurs britanniques l’année dernière. Theresa May arrive à la fin de son chemin de croix – car c’en fut un – de la négociation du Brexit avec l’Union européenne. Certes, les difficultés n’ont pas manqué.

Elles n’ont pas manqué d’une part parce que les dirigeants de l’UE, au fond, voulaient faire payer au Royaume-Uni sa décision de sortir pour éviter que l’exemple fasse école dans d’autres États membres. D’autre part, il y avait une facture à régler, dont il fallait fixer le montant. Difficulté aussi à cause de l’Irlande. Il était difficile de fermer la frontière entre l’Irlande du Nord et l’Irlande du Sud car une partie du processus de paix en Irlande du Nord repose sur la porosité de cette frontière. Difficulté également avec les Écossais, qui revendiquent le droit de rester dans l’Union européenne. Difficulté enfin avec… sa propre majorité ! Theresa May s’est tirée une balle dans le pied en provoquant des élections qui, contrairement à ce qu’elles prévoyaient, ne lui ont pas apporté de majorité, au contraire, et celle-ci ne tient aujourd’hui que grâce à la dizaine de voix apportées par le parti conservateur d’Irlande du Nord. Cette situation l’a profondément déstabilisée et désavantagée. Quelqu’un a dit qu’elle devait aimer les montagnes russes car elle est passée par des phases d’optimisme et de crises graves.

Mais souvenons-nous de ce qu’on racontait au moment du Brexit. C’était, comme d’habitude, l’Europe ou le chaos. Ça devrait être l’apocalypse, c’était tout juste si l’économie britannique n’allait pas s’effondrer du jour au lendemain. Or, nous n’avons assisté à rien de tout ça depuis plus d’un an. Ça ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de difficultés à surmonter par la suite, mais rien de dramatique ne s’est passé.

Je suis d’ailleurs prêt à prendre le pari que même si Paris récupère quelques places financières et quelques activités de Londres, celle-ci restera la grande place financière de l’Europe et de l’Occident. Certes, les chefs d’entreprise britanniques commencent à réclamer que l’Angleterre quitte l’Europe sans vraiment la quitter, qu’on se mette d’accord pour avoir les mêmes réglementations, etc. Ils ont très peur pour l’accès de leur pays au marché unique, mais c’est un épouvantails à moineaux car cet accès est aussi organisé par les règles de l’OMC : on ne peut pas fermer si facilement son marché intérieur à ses partenaires commerciaux.

Retrouvez en podcast l'édito d'Henri Guaino dans le Grand Matin Sud Radio