• Pourquoi la taxe carbone a failli redevenir d’actualité

    Soumis par Lorraine Rdd le Jeudi 14 février 2019 à 10:22
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    Emmanuel Macron a tenté de clore cette nouvelle tentative d’imposer une fiscalité Carbone. Pourquoi la France reste prisonnière de tels dogmes malgré tout ce qui vient de se passer ?

     

    C’est un paradoxe incroyable. Nous avons en France les plus grands ayatollahs de la lutte contre les émissions de carbone, de même que nous avons les plus grands adversaires de l’énergie nucléaire alors que les français n’ont aucun problème avec ça. La France a été à l’initiative de beaucoup de projets mondiaux contre le réchauffement climatique et certains se croient investis d’un rôle messianique qui commence à devenir insupportable. Oui il y a un problème de dioxyde de carbone dans le monde. Oui il y a un problème de réchauffement climatique. Oui il y a des risques sur la biodiversité. Mais ce n’est pas au français qui a du mal à aller à son travail en Aveyron comme en Seine et Marne de supporter le fardeau de tout ça. 

    La France est l’un des pays les plus vertueux en matière d’émission de dioxyde carbone ! Chaque français émet 4 tonnes de carbone par an, contre 9 tonnes pour un allemand, 10 tonnes pour un hollandais, 14 tonnes pour un canadien, 17 tonnes pour un américain et même 20 tonnes pour un luxembourgeois. Il y en a vraiment assez de vouloir nous faire porter tous les péchés de la terre car on a en France des écologistes dogmatiques et butés. Pourquoi toujours raisonner en termes de fiscalité ? Surtout en ce moment où la crise des gilets jaunes traduit un ras-le-bol fiscal. Donc la solution n’est pas un impôt. D’abord si nos écologistes bobos qui n’ont jamais franchi les limites du périphérique avec leur trottinette électrique veuillent bien se donner le mal de réfléchir, il y a des solutions bien plus simples. À commencer par ce principe qui est que la meilleure énergie est celle que l’on ne consomme pas. Et il y a encore trop de gaspillage en France, alors oui parlons des aides qui pourraient être versées aux français qui évitent que leur maison soit une passoire thermique, oui parlons des appareils électroniques qui restent en mode veille des nuits entières et qui consomment 10 % de l’électricité produite en France. Parlons de tout ce qui peut réduire les émissions de carbone. Mais sans parler d’impôt. Sans que l’écologie soit forcément synonyme de punition.

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  • Le gouvernement s’attaque à la réforme de la fonction publique

    Soumis par Lorraine Rdd le Mercredi 13 février 2019 à 10:41
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    C’est aujourd’hui que le Premier Ministre et Bercy présentent le projet de loi de réforme de la fonction publique. De quoi s’agit-Il ?

    C’est un vieux Serpent de mer qui ressort maintenant, porté par Bercy et notamment Olivier Dussopt, mais suivi de près par Matignon. Il y a trois chantiers principaux dans ce projet de loi. D’abord le recours aux contractuels. Car actuellement un agent sur 5 dans la fonction publique n’est pas fonctionnaire. Il est en CDD ou en CDI. Le but serait de créer des contrats de projet ou de mission pour uniformiser le statut des agents qui travaillent pour l’état. Le deuxième sujet : c’est la mobilité avec la création d’une agence de reconversion destinée à accompagner les fonctionnaires dont le service est restructuré. A vrai dire ce n’est pas un sujet qui déchaine l’enthousiasme. Et puis troisième sujet, c’est la rémunération au mérite qui est l’élément clivant de ce projet de loi. Aujourd'hui, une toute petite part de la rémunération des fonctionnaires est variable, l'idée serait de l’élargir. 

    Mais est-ce que c’est vraiment le bon moment pour parler de ça ? C'est exactement la question que se posait Jean-Yves Le Drian, il y a un mois lors d’un séminaire gouvernemental. Il avait dit : "Ce n’est pas qu’en on est embourbé dans cette crise des gilets jaunes qu’il est très intelligent d’ouvrir un front chez les fonctionnaires". Sa remarque avait fuité, et il avait reçu beaucoup de mots de remerciements. Mais manifestement ça n’a servi à rien. Du coup neuf des dix syndicats de fonctionnaires viennent de demander le report de ce projet de loi. Ils demandent d’attendre au moins la fin du grand débat national où l’on parle beaucoup des services publics. Mais le gouvernement ne veut pas céder en disant que cette loi parle du statut et pas du nombre des fonctionnaires. Il reste que ce n’est sûrement pas le meilleur moment pour agiter nos 5,5 millions de fonctionnaires dont certains sont au même degré de précarité que les gilets jaunes.

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  • Quand la patronne du FMI annonce une tempête à venir

    Soumis par Lorraine Rdd le Mardi 12 février 2019 à 10:30
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    Christine Lagarde, la patronne du FMI parle peu, mais quand elle parle, ça marque les esprits. La voilà qui évoque une tempête économique mondiale. Que faut-il en penser ?

    D’abord ce n’est pas la première fois que Christine Lagarde évoque un risque de tempête économique mondiale. Elle l’a fait en septembre dernier, à l’occasion du dixième anniversaire de l’affaire Lehmann et à nouveau en décembre dernier. Jusqu’à présent lorsqu’elle évoquait ce risque, on la considérait comme la Gardienne du Temple qui essayait de calmer les ardeurs des financiers. Cette fois-ci, elle va beaucoup plus loin, puisqu’elle détaille les quatre nuages que le FMI voit grossir au-dessus de la planète économique. Mais sa préoccupation principale, c’est que depuis quelques mois, la croissance mondiale est beaucoup plus lente que tout ce qui était prévu. Et c’est ce qui fait que le FMI a récemment révisé à la baisse de 0,2 % à 3,5 % sa prévision de croissance mondiale pour 2019. 

    Les quatre nuages, c’est l’expression même de Christine Lagarde, d’où également le terme de tempête utilisé à dessein. Il s’agit des tensions commerciales, notamment entre la Chine et les Etats-Unis, des hausses de taux d'emprunt, des incertitudes liées au Brexit et d'un ralentissement de l'économie chinoise. Mais, à l’écouter, il y a un nuage plus important, c’est celui des tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis qui ont commencé à affecter l'économie mondiale. S’agissant de la hausse des taux, elle regrette que ça intervienne au moment où les Etats, et les ménages ont accumulé de très lourdes dettes. Et donc sa conclusion, c’est que : "Quand il y a trop de nuages, il faut un éclair pour déclencher la tempête", qui a appelé les gouvernements à s'y préparer et à éviter le protectionnisme.

    Pour elle, c’est clair il n’y a pas un risque de krach financier, mais un risque de tempête économique dû aux guerres commerciales qui apparaissent ici ou là. Et il n’y a pas qu’entre les USA et la Chine. C’est un message fort pour les élites. Mais un message inaudible pour les populations qui au contraire veulent voir reconstruire des frontières commerciales solides.

     

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  • Pourquoi les auto-écoles sont en colère

    Soumis par Lorraine Rdd le Lundi 11 février 2019 à 10:26
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    Ce matin le périphérique parisien est pris d’assaut par les auto-écoles. En raison de projets de réformes du permis récemment rendues publiques dans un rapport parlementaire.

    On peut même remonter plus loin que cela, parce que cela fait des années que les pouvoirs publics veulent réformer les auto-écoles. Déjà la Commission Attali, créée en 2007, et dont Emmanuel Macron était rapporteur, avait établi cette profession réglementée comme une rente à faire sauter. Quand il s’est présenté à l’élection présidentielle, Emmanuel Macron, s’en est souvenu et a promis de baisser de manière drastique le coût du permis de conduire. C’est la députée du Gard François Dumas qui a été chargée de faire un rapport parlementaire sur le sujet, qui vient d’être publié. Et ses conclusions ne plaisent pas du tout aux auto-écoles. Avec deux mesures radicalement explosives. D’une part la fin de l’agrément départemental. Ce qui veut dire un accroissement de la concurrence. D’autre part la possibilité de se présenter à l’examen du permis en candidat libre, donc sans passer par les auto-écoles.

    On comprend que ça ne plaise pas vraiment à la profession. Ce sont deux mesures évidemment un peu extrêmes, mais qui s’inspirent de pratiques étrangères. Ce n’est pas non plus la révolution. Et puis il ne faut pas oublier que l’on parle tous les jours de crise du pouvoir d’achat, or le prix moyen du permis de conduire c’est 1.800 euros.       C’est pour cela que la députée propose aussi que les cours de sécurité routière commencent dès le lycée et ne soient pas l’apanage des auto-écoles. Ce qui relève du bon sens. Déjà commencent à apparaître des auto-écoles en ligne qui permettent de faire l’apprentissage du code comme Ornikar ou En Voiture Simone. Mais en même temps à l’heure de la révolution numérique, il faut bien que ces auto-écoles s’adaptent aux nouveaux besoins des élèves. Et trop souvent elles apparaissent comme des machines à cash au détriment de jeunes qui n’ont pas d’argent et ont besoin du permis. Il faudra bien que cette profession évolue, sans qu’on la pointe du doigt. Mais simplement parce qu’elle est devenue trop rigide pour notre époque.

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  • L’invraisemblable descente aux enfers d’Alstom en seulement 20 ans

    Soumis par Lorraine Rdd le Jeudi 7 février 2019 à 10:38
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    Maintenant que la Commission Européenne a rejeté le projet de fusion entre Alstom et Siemens, l’heure est venue de faire un bilan de ce grand gâchis qu’a été l’histoire d’Alstom.

    Et ça va être dur en deux minutes car cela mériterait un livre entier qui serait celui de l’incapacité de la France à avoir une politique industrielle. Il y a 20 ans Alstom, c’était une grosse partie d’Alcatel et Serge Tchuruk décide de s’en défaire, mais de garder le cash qui était chez Alstom. Résultat Alstom, dirigé par Pierre Bilger va très vite à la faillite d’autant que la conjoncture est épouvantable. L’État, vole au secours d’Alstom en faisant une sorte de nationalisation sauvetage et nomme un super patron Patrick Kron qui redresse la boite. Comme ce n’est pas le rôle de l’État de gérer une entreprise comme Alstom, il finit par vendre sa participation à Bouygues qui est alors intéressé par d’éventuels développements dans l’énergie. Or Alstom, ce sont deux activités qui n’ont rien à voir ensemble. L’une qui fait du ferroviaire et l’autre qui fait des turbines à vapeur. Assez vite Bouygues finit par se demander ce qu’il va pouvoir faire avec cette participation minoritaire dans un groupe hybride.

    Et c’est là qu’arrive l’offre de rachat de General Electric. Un beau matin Arnaud Montebourg qui se bat pour l’industrie française apprend que General Electric s’apprête à racheter Alstom. Aussitôt Siemens qui est présent dans l’énergie et dans le ferroviaire sort du bois. Mais c’est GE qui l’emporte en promettant 1000 emplois. On a appris il y a deux jours qu’en fait General Electric a créé 25 emplois. Ils ont donc été condamnés à payer à l’état une amende de 50 millions. En fait, GE a fait une très mauvaise affaire. Les ventes de turbines se sont effondrées et l’américain estime à zéro ce qu’il a payé plus de 8 milliards. Il restait donc un petit Alstom réduit au ferroviaire qui ne pouvait qu’être fusionné avec la même activité de Siemens. Et Bruxelles a dit non hier. Résultat la France avait un très beau groupe, très bien géré par Patrick Kron. En acceptant de vendre une partie de ce groupe aux américains, elle s’est tiré une balle dans le pied. Et hier elle a pris une balle dans le second pied. Avec un Alstom condamné à rester célibataire et à se faire tailler des croupières par les Chinois.

    C’est le plus beau gâchis industriel de ces dernières années avec les déboires d’Areva. Et ça montre l’incapacité de nos dirigeants à avoir une politique industrielle, comme l’ont les autres pays.

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  • « Les grands patrons doivent payer leurs impôts en France » : la promesse de Macron accouche d’une souris

    Soumis par Lorraine Rdd le Mercredi 6 février 2019 à 10:57
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    À la demande du Chef de l’État, Bercy a préparé un texte pour que les patrons de groupes français qui vivent en dehors du pays, payent leurs impôts en France. C’est important.

    C’est important sur le plan symbolique. Et c’est pour se défaire de son image de Président des riches qu’Emmanuel Macron a demandé ça, mais sur le plan concret ça va concerner peut-être 5 personnes, voire 10 en comptant large si on se tient au projet de Bercy. Seraient taxés les dirigeants des entreprises réalisant plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires et étant domiciliés hors de France. Alors c’est simple, il y a 300 entreprises qui dépassent le milliard et comme plus rien n’est secret on sait que le patron de Schneider – qui vit à Hong Kong – et l’un des dirigeants de Kering – qui vit à Londres – seraient concernés. Vous allez me dire : et Patrick Drahi, le patron de SFR qui vit en Suisse ? Le problème c’est que son groupe est hollandais et non pas français. Donc en résumé pour l’instant on connait deux ou trois personnes qui seraient concernés par ce texte. Et dans notre pays qui croule déjà sous les lois et les décrets on va faire voter au député un texte pour une poignée de dirigeants.

    Mais c’est le symbole qui compte. Je sais bien que tout repose là-dessus. Car pas un seul gilet jaune n’a demandé cette mesure, ni personne dans les grands débats en régions. Le problème que nos technocrates ont oublié, c’est que la France a établi au fil du temps des conventions fiscales avec beaucoup de pays, et notamment ceux où sont installés en général les grands patrons. Or qu’est ce que c’est qu’une convention fiscale ? C’est un texte de réciprocité qui a la valeur juridique d’un traité international. Et il n’y a pas besoin d’être énarque pour savoir qu’un traité a plus de valeur qu’une loi ou qu’un décret. Ce qui veut dire que même si ce texte est voté, sans doute en juin, il ne pourra jamais s’appliquer puisque les grands patrons resteront couverts par les conventions fiscales.

    C’est un très bon exemple qui montre de quoi meurt la France : de textes que l’on vote, qui sont faits pour pointer du doigt une dizaine de personnes, et qui ne sont pas applicables. C’est Ubu qui gouverne…

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