• Quand l’OCDE décerne à la France le titre de championne du monde de la pression fiscale en pleine crise des Gilets Jaunes

    Soumis par Lorraine Rdd le Jeudi 6 décembre 2018 à 10:08
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    L’OCDE a mis un peu d’huile sur le feu des Gilets jaunes hier en révélant que la France était la championne du monde de la pression fiscale…

    Et c’est pas de chance pour Emmanuel Macron, qui, interrogé sur le Charles de Gaulle sur le ras le bol fiscal des Français, le Chef de l’Etat avait assuré que les prélèvements obligatoires étaient en baisse. En réalité, ils ont augmenté en valeur absolue puisqu’en 2016 l’Etat a percu 1016 milliards d’impots et en 2017 ce montant était de 1038 mds. Ce que montre l’OCDE, c’est que le taux de prélèvements obligatoires par rapport à la richesse créée a atteint 46,2 %, ce qui fait de la France la championne du monde devant le Danemark. Le problème – surtout - c’est que nous payons plus que dans les pays du Nord de l’Europe et nos services publics sont moins performants. C’est cela qu’il faut retenir de ce classement publié par l’OCDE en pleine période de jacquerie fiscale

     Beaucoup, y compris dans le parti du Président reconnaissent que c’est une bêtise d’avoir supprimé l’ISF. Du coup hier Benjamin Griveaux a esquissé un possible retour de l’impôt sur la fortune. C’est ce que demandent à la fois Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Et le porte-parole du Président tombe dans le panneau. Mais cet ISF devait mourir et tant pis pour ses 4 milliards de rendement, même François Mitterrand qui l’avait créé disait que c’était un impôt imbécile. On estime qu’il avait fait fuir de France au moins 2.000 milliards d’euros de richesse. Ce qu’il fallait, c’était : alléger la charge fiscale des plus modestes davantage que celle des plus riches. Et donc réduire leur impôt sur le revenu ou les impôts indirects. Or c’est l’inverse qui a été fait, puisqu’il a été démontré que la hausse des taxes sur les carburants coutait trois fois plus aux classes moyennes qu’aux plus aisées. C’est juste une question de bon sens. Mais ce n’est pas une matière qu’on apprend à l’ENA !

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  • Le mouvement des Gilets Jaunes commence à couter cher

    Soumis par Lorraine Rdd le Mardi 4 décembre 2018 à 10:12
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    Bruno Le Maire a réuni les différentes fédérations professionnelles impactées par les blocages. Il semble que les conséquences économiques de ce mouvement soient plus importantes que prévu.

    Comme les blocages sont très dispersés et bougent, il est difficile d’avoir une vision globale. Mais d’ores et déjà le chiffre d’affaires de la grande distribution a reculé de 15 à 25 % depuis le début du mouvement : pour le commerce de détail la baisse se situe entre 20 et 40 % et dans la restauration, la chute est de 20 %, de même que dans le tourisme. Mais le plus grave semble commencer avec des usines qui n’ont pas été approvisionnées en pièces détachées, c’est le cas chez Peugeot comme chez Renault. La grande peur, ce sont les carburants. Là on n’enregistre pour l’instant qu’une centaine de station-service à sec. 

    Là il s’agit des conséquences au cas par cas. Et sur la croissance française au quatrième trimestre, cela va aussi se ressentir et d'ailleurs ça a commencé. L’institut Markit a publié hier matin la plus faible croissance de la production manufacturière depuis 26 mois. Cela se traduit par une baisse des commandes et des réductions d’effectifs, par ailleurs les ménages ont laissé envisager un recul de leurs intentions d’achats lors de l’enquête Insee de la semaine dernière. Plusieurs prévisionnistes ont déjà déclaré que le mouvement aurait un impact négatif sur la consommation au dernier trimestre. Notamment parce que cela fait trois week-ends que les ventes des principales boutiques de la capitale et de plusieurs grandes métropoles se sont effondrées. Déjà avant les gilets jaunes on attendait une croissance plus basse qu’estimée. Mais là on pourrait avoir une très mauvaise surprise. Car une croissance plus faible équivaut à moins de recettes fiscales à cause de la TVA, preuve que trop d’impôt tue l’impôt. 

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  • À quand la fin du tunnel pour Carlos Ghosn ?

    Soumis par Lorraine Rdd le Vendredi 30 novembre 2018 à 07:50
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    On a appris cette nuit que Carlos Ghosn était de nouveau en garde à vue pour dix jours de plus ? Pourquoi donc ?
     

    Le but de ces gardes à vue humiliantes est de faire craquer l’intéressé. Or, ce que l’on sait, par les médias japonais, c’est que Carlos Ghosn nie tout en bloc, à la différence de son homme de confiance, Greg Kelly, arrété en même temps que lui et qui a reconnu avoir aidé Carlos Ghosn à dissimuler une partie de son salaire. Mais ce que l’on ne sait pas vraiment encore, c’est s’il y a eu dissimulation des revenus auprès du fisc japonais ou seulement auprès des actionnaires. Il y a bien eu un montage visant à cacher au public une partie de la rémunération de Carlos Ghosn mais ça c’est un péché véniel. Alors que si c’est de la fraude fiscale, c’est un péché cardinal. 

    On a tout de même l’impression que les charges contre lui ont été beaucoup exagérées au moment de son arrestation à grand spectacle. Bien sûr il y a la question de l’utilisation de l’argent de Nissan pour refaire une maison au Liban, une autre à Rio et une autre à Amsterdam. De même que des sommes d’argent versées à deux sœurs de Carlos Ghosn. Mais curieusement, cela au Japon, est une pratique presque courante, du coup si les charges sont faibles, avec une situation fiscale de Carlos Ghosn très floue puisqu’il passait moins de six mois par an au Japon, et n’était pas imposable là bas, on se pose donc la question du pourquoi de cette arrestation. Il y a surement la volonté de la part des japonais de rééquilibrer l’alliance avec Renault, il y a les conséquences à retardement de la montée de l’Etat au capital de Renault orchestrée par Macron en 2006 qui a beaucoup énervé les japonais. Et le plus grave, serait qu’il y ait la volonté de renégocier les conditions de l’alliance Renault-Nissan basée aux Pays Bas et qui permet les synergies entre les deux groupes. Et là ce serait très néfaste à Renault.

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  • Pas de coup de pouce pour le SMIC au 1er janvier

    Soumis par Lorraine Rdd le Jeudi 29 novembre 2018 à 12:08
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     Edouard Philippe a exclu hier tout coup de pouce en faveur du Smic, néanmoins, celui-ci devrait augmenter légèrement et franchir la barre des 10 euros à l’heure.

    Actuellement le Smic Horaire est à 9,88 euros. Compte tenu du mécanisme d’indexation annuelle sur l’inflation il devrait augmenter de 1,65 % au 1er janvier et donc franchir la barre des 10 euros brut de l’heure, ce qui, par mois cela représentera 1523 euros brut. En France cela concerne 11 % de salariés soit 2 millions de personnes. Mais ces 25 euros d’augmentation par mois ne vont pas calmer la colère des gilets jaunes. Par ailleurs comme le Smic est le seul salaire indexé sur l’inflation l’écart se rétrécit avec le salaire médian qui se situe autour de 1785 euros.  

    Régulièrement il y a un débat sur le Smic et sur le fait de savoir s’il faut le supprimer. C’est toujours le cas : trois économistes de gauche, dont l’un très proche de Macron, Philippe Aghion, qui ont publié un rapport prônant la suppression du SMIC. Cela n’a évidemment rien donné. Leur argument est que c’est un salaire trop cher pour une entreprise et pas assez élevé pour permettre à un salarié de vivre. Du coup ce SMIC fige le marché du travail et pousse certains à préférer les allocations chômage plutôt qu’un travail payé au SMIC. Par ailleurs ce salaire ne tient pas compte des spécificités de chaque profession, ni des disparités régionales. Tout cela milite pour la suppression du SMIC. Mais ce n’est pas en pleine crise sociale que le gouvernement va toucher à un totem créé en 1950 et auquel mai 68 a redonné une nouvelle vie.

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  • Macron veut adapter la fiscalité au prix du pétrole

    Soumis par Lorraine Rdd le Mercredi 28 novembre 2018 à 08:16
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    Qu’est ce qu’a voulu vraiment dire Emmanuel Macron hier en disant vouloir adapter les taxes sur les carburants aux variations du prix du pétrole ?

    On est en plein dans le "en même temps" macronien. Le Président ne voulait pas céder sur le sujet des taxes sur le carburant et en même temps il voulait montrer qu’il a entendu la colère des français. D’où cette idée d’adapter la fiscalité sur les carburants aux variations du prix du pétrole. Car le catalyseur du mouvement des gilets jaunes a eu lieu lorsque le prix du pétrole était au plus haut, depuis un mois le baril est passé de 78 à 58 dollars le baril. Cela aurait rendu plus acceptable les taxes, car personne ne conteste la transition écologique. Mais ce système a déjà été essayé en France entre 2000 et 2002 lorsque Lionel Jospin était premier ministre… avec un succès mitigé.

    La taxe s’appelait alors la TIPP et non la TCPE. Et comme le prix du pétrole s’emballait Jospin avait mis en place une TIPP flottante. Plus le baril augmentait, moins la taxe était importante, si bien que le plein restait à peu près à prix constant. Mais cette mesure a coûté très cher aux finances publiques, car ces taxes sont la quatrième ressource de l’Etat. Voilà pourquoi Emmanuel Macron a parlé d’une formule à la demande. Mais le problème, c’est que c’est complexe et ambigu. Donc cela n’a pas été compris par les gilets jaunes et d’ores et déjà cela apparaît comme un coup d’épée dans le fioul.

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  • L’avenir du nucléaire : l’autre annonce qu’on attend de Macron

    Soumis par Lorraine Rdd le Mardi 27 novembre 2018 à 08:25
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    Tout cela a été complètement éclipsé par les gilets jaunes et les réponses que le Chef de l’Etat doit leur apporter aujourd’hui. Mais Emmanuel Macron doit également rendre publique sa programmation pluriannuelle de l'énergie…

    C’est un nom assez barbare, mais l’énergie demande des infrastructures lourdes et ça doit donc s’anticiper. Cette PPE doit donc évoquer les cycles 2019 – 2023 et 2024 – 2028. La question est d’essayer de réfléchir quelles énergies nous utiliserons dans dix ans, compte tenu notamment de la contrainte Carbone. C’est dans ce cadre que Macron avait promis pendant sa campagne de réduire la part du nucléaire de 75 à 50 % d’ici 2025. Puis, il est revenu en arrière en décalant cette échéance à 2035 : couleuvre pour Nicolas Hulot. Aujourd’hui il va en dire plus sur le nucléaire et notamment combien de centrales on ferme.

    C'est un sujet ultra-sensible, donc il y a des incertitudes jusqu’au dernier moment à part les deux réacteurs de Fessenheim qui pourraient être éteints d’ici 2022. L'option la plus volontariste voudrait qu'EDF débranche six réacteurs d'ici à 2028 puis six autres d'ici à 2035. Dans le second scénario, l'opérateur maintiendrait ses 58 réacteurs en activité jusqu'à 2028 - puis en arrêterait 12 d'ici à 2035. Et, dans le dernier, EDF mettrait à l'arrêt neuf réacteurs entre 2028 et 2035. Le problème c’est que les 3 solutions sont mauvaises, car le nucléaire est une énergie à 100 % décarbonée, donc elle n’a pas d’impact sur le réchauffement climatique. Il s’agit juste de savoir comment on fait plaisir aux écologistes. Et à l’heure qu’il est ce n’est plus la priorité d’un gouvernement qui a les gilets jaunes sur les bras. D’où la préférence d’EDF et du pouvoir pour le dernier scénario.

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  • Suite du feuilleton Carlos Ghosn

    Soumis par Lorraine Rdd le Vendredi 23 novembre 2018 à 10:33
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    Hier le conseil de Nissan l’a révoqué de son titre de Président. Que lui reste-t-il comme fonctions du fond de sa cellule ?

    Avant tout, je tiens à rectifier mes propos. Hier j’ai dit que sa cellule mesurait 4 mètres carrés, en fait elle mesure 6 mètres 48 avec lavabo et toilettes comprises. Pour revenir au feuilleton Carlos Ghosn, il a été destitué hier à l’unanimité de son titre de Président de Nissan. À noter que les deux français présents au conseil ont voté pour cette destitution. Ledit conseil a quand même duré 4 heures.

    Il reste cependant administrateur de Nissan et il faudra une assemblée des actionnaires de l’entreprise pour le destituer. Il est toujours président de Mitsubishi Motor mais, on a appris hier qu’un conseil avait été convoqué dans les prochains jours sans doute pour le destituer. Carlos Ghosn est toujours président directeur général de Renault même si Thierry Bolloré est à sa place en ce moment. Surtout il est toujours PDG de l’alliance Renault-Nissan à laquelle les Japonais et Bruno Le Maire ne veulent pas toucher. Il garde donc l’essentiel de ses mandats. Mais jusqu’à quand ? Car il est affaibli par cette affaire et c’est un homme seul.

    Un autre homme reste discret, c’est Thierry Bolloré, l’homme qui a été nommé pour gérer Renault en l’absence de Carlos Ghosn. Que sait-on de lui ? C’est un professionnel très respecté du monde de l’automobile. Il a longtemps travaillé chez Michelin – notamment quand Ghosn y était. Il a ensuite travaillé chez deux équipementiers : Valeo et Faurecia. Il est arrivé chez Renault après l’affaire d’espionnage en 2011. C’est un très bon cost-killer, c’est-à-dire qu’il est spécialiste de la réduction des coûts. C’est également un homme qui a travaillé dans le monde entier et qui privilégie le dialogue et le consensus. Alors certes, ce n’est pas un ingénieur, en revanche c’est un survivant !

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