Yves de Kerdrel: "La France crée plus d'emplois que prévu"

Editorial économique

Yves de Kerdrel - Sud Radio

C’est un peu la surprise de cette rentrée : la France crée plus d’emplois que prévu ?

Savez-vous combien notre pays a enregistré de créations nettes d’emplois depuis le début de l’année ? 180.000 ! Et l’année n’est pas terminée. C’est-à-dire que l’on pourrait dépasser la
barre des 250.000 emplois. Certes, ce n’est pas grand-chose par rapport aux 2,5 millions de chômeurs. Mais ce qui importe, comme souvent en économie, ce sont les tendances. Et là, elle est très favorable, à tel point que si l’on remonte jusqu’à 2014, notre pays a tout de même réussi à créer 900.000 emplois. Vous vous souvenez qu’Emmanuel Macron s’était bien gardé de faire des promesses en termes de courbe du chômage pendant sa campagne?  Il s’était fixé comme objectif un taux de chômage de 7 % en 2022. Aujourd’hui nous sommes à 8,5 %... Et il pourrait gagner son pari.

Qu’est ce qui explique cette surprise alors que la croissance est molle ?

La croissance est effectivement sur une tendance de 1,3 %. C’est en général bien insuffisant pour créer autant d’emplois. A mon avis, il y a trois éléments à prendre en compte. D’abord l’effet retard de la loi El-Khomri et des ordonnances Macron de septembre 2017, qui ont donné plus de souplesse aux patrons pour débaucher. Et donc plus de facilité pour embaucher. Ensuite, il y a eu tout ce qui a été mené pour faire baisser le coût du travail. Avec le CICE et maintenant les baisses de charges, si bien qu’aujourd’hui, le coût d’une heure de travail pour un ouvrier qualifié est moins élevé en France qu’en Allemagne. Et puis enfin, il y a la réforme des allocations-chômage votée au début de l’été qui vise à remettre au travail des habitués de Pole Emploi. Cette tendance va continuer comme l’a prédit hier Muriel Pénicaud, la Ministre du Travail à condition que la donne économique ne bouge pas. Si c’est le cas, ce serait formidable pour notre pays qui n’a pas connu une telle décrue du chômage depuis 20 ans. Et n’oublions jamais, que plus il y a de gens au travail, plus c’est facile de financer les retraites et de résorber le déficit de la sécu... Alors croisons les doigts !