Yves de Kerdrel: la commission européenne change de doctrine et dit oui à l'Airbus des batteries

Editorial économique

 

Bruxelles vient de donner son feu vert à ce que sept Etats membres de l’Union Européenne reçoivent une aide publique de 3,2 milliards.

On ne mesure pas immédiatement à quel point cette décision est importante et pourtant elle l’est. Énormément. D’abord c’est la première grande décision rendue par la nouvelle Commission Européenne présidée par Ursula von der Leyen. Et bizarrement cette décision va à l’inverse de tout ce que la commission a fait au cours des vingt dernières années. Celle-ci favorise la création d’un airbus des batteries, alors qu’il y a encore six mois Bruxelles refusait un Airbus du rail Ensuite parce que c’est un projet concret qui coalise sept pays et des entreprises privées qui ont compris l’enjeu des batteries électriques. Cela signifie que tous ceux qui rêvaient d’une Europe des projets et des cercles concentriques ont été entendus. Et que donc on peut très bien faire un projet à 7 pays sans avoir l’aval des 28 pays de l’Union européenne. Ce qui était le cas jusque là

Et ce n’est pas vu comme une entrave à la concurrence ?

Non c’est ca qui est intéressant. Les états vont apporter 3,2 milliards d’euros d’argent public à des entreprises privées sans qu’on entende des cris d’orfraie. Madame Vestager qui est la grande prêtresse de la concurrence a dû avaler son chapeau. Mais c’est une bonne chose. Car ce cas va faire jurisprudence. On voit donc que dix jours après son installation la commission européenne change de doctrine en matière industrielle. Puisque ce projet va faire en travailler en réseau des dizaines de PME, des grands groupes et des organismes de recherche. Comme à la grande époque d’Airbus ou d’Arianespace qui a fait un moment de l’Europe une puissance industrielle. Par ailleurs, c’est un projet destiné à décarboner l’usage de la voiture en favorisant les véhicules électriques. Or Ursula Von der Leyen a voulu faire de l’écologie une priorité de son mandat. Pour une fois la cause écologique aura permis à l’Europe de favoriser aussi l’Europe de l’industrie. En espérant que ce ne sera pas qu’un cas isolé.