Yves de Kerdrel - Des stocks de précaution pour éviter la rupture dans les supermarchés

Editorial économique

 

Même si l’on ne se dirige que vers un re-confinement partiel, cela risque de créer des ruées vers les distributeurs alimentaires comme en mars

 

Et cette hypothèse de ruée a fait partie des nombreux sujets étudiés par le conseil de défense sanitaire d’hier, de manière à éviter à ce que l’on assiste à des ruées sur les rayons de pâtes et au spectacle de rayons de supermarchés vides. D’autant que déjà au cours de ce mois d’octobre qui s’achève, une marque comme Panzani a vu ses ventes progresser bizarrement de 30 %. Ce qui est sûr, c’est que le 17 mars dernier, quand a commencé le confinement, les groupes de distribution ont été pris de court. Du coup, cette fois-ci, ils ont pris les devants, forts de l’expérience du printemps dernier, notamment sur les produits les plus achetés par les consommateurs.

 

Quel type de mesures ont-il prises ?

 

D’abord, la plupart des enseignes ont constitué des stocks de précaution sur les produits les plus demandés, comme les pâtes. Les niveaux de commande passées par les distributeurs sont restés très élevés, entre 10% et 20% au-dessus de leur niveau de l'année dernière. Par ailleurs en amont les producteurs de pâtes se sont aussi organisés pour pouvoir fabriquer et livrer davantage de produits. Ils ont notamment tous acheté massivement du blé de manière à fabriquer des pâtes pendant une période qui pourrait être longue. En plus de tout ça les industriels ont fait tourner leurs usines à plein régime au cours de l'été. Chez Barilla par exemple, les sites de production, tournent 24h sur 24h depuis le confinement, ce qui a permis de reconstituer les stocks.

 

Mais on ne va pas manger que des pâtes ?

Je vous rassure, Patrick, même sur les autres produits les plus demandés, les gros distributeurs ont fait des stocks suffisants. C’est le cas notamment du papier toilettes qui avait été acheté de manière massive au printemps dernier. Grâce à l’informatique, ils savent ce que vous avez acheté à cette période-là, ce qui leur a permis de se préparer. On ne devrait pas assister à des scènes de panique comme ca avait été le cas en mars dernier. La seule question qui reste est de savoir si les distances physiques devront être respectées et s’il faudra alors faire la queue à l’entrée des supermarchés. Mais ça c’est une autre histoire !