Whirlpool: "On a vu l'usine se vider de nos lignes et partir en Pologne ! Quand on rentre dans l'usine, c'est froid, c'est vide"

La rencontre entre Emmanuel Macron et d'anciens salariés de Whirlpool, ce vendredi, était attendue dans une atmosphère électrique à Amiens. En 2017, le candidat avait soutenu le projet de reprise de l'usine par WN avec 4 millions d'euros sur la table. Un an plus tard, l'entreprise était en redressement judiciaire, faute de débouchés commerciaux. Près de 200 ex-salariés se retrouvent sans emploi et dénoncent l'échec de la reprise de Whirlpool: bien déterminés à et exprimer leur colère face au président de la République.

Les ex-salariés attendaient le président Macron de pied ferme (Clément Bargain / Sud Radio)
Reportage Sud Radio de Clément Bargain

 

Evelyne a travaillé plus de 25 ans à l’usine Whirpool d’Amiens. Elle ne se remet toujours de la fermeture du site:

 

"On a vu l'usine se vider de nos lignes et partir en Pologne: ça fait drôle ! Quand on rentre dans l'usine, c'est froid, c'est vide... Cela fait mal. Je trouve ça inadmissible qu'aujourd'hui ça soit cautionné".

 

Les ex salariés de Whirpool en veulent à Emmanuel Macron qui avait promis que tous les emplois seraient sauvegardés avec l’offre du repreneur WN… Emmanuel a travaillé 21 ans à l’usine. "Il nous avait dit que c'était un projet fiable, tout tenait la route, pas peur de signer... On lui avait fait confiance, il nous a vendu du rêve".

 

 

"12 millions sur la table, 200 personnes à la rue !"

 

Plus de 130 salariés sont aujourd’hui au chômage comme Christine, ancienne soudeuse: "C'est dur surtout le matin, quand je vois mes voisins partir au travail, et moi je suis là.... Je m'occupe, mais ça ne dure qu'un temps !" Les ex salariés de Whirpool se sentent abandonnés par l’État: ils attendent des réponses d’Emmanuel Macron ce vendredi. La colère résonne, dans la voix de Patrice Sinoquet de la CFDT:

"Pourquoi vous avez donné de l'argent public à ce repreneur véreux sans aucun contrôle?! 4 millions d'euros d'argent public ! Tout ça, c'est les salariés qui l'ont pas eu dans leur poche ! On en a gros et on en a marre !"

Avant même le début de la visite, les salariés l'annonçaient déjà mouvementée.

 

"Deux fois, on a tiré la sonnette d'alarme au ministère! On était les syndicalistes alarmistes... On s'est fait berner ! - Y'avait 12 millions sur la table, 7 millions et demi d'euros de chez Whirlpool et le reste du contribuable. Et aujourd'hui, on met 200 personnes à la rue. Je comprends pas !" - Patrice Sinoquet, CFDT