éditorial

L'édito de Yves de Kerdrel

Yves de Kerdrel Sud Radio Éditorialiste
Economie

Suite du feuilleton Carlos Ghosn

Hier le conseil de Nissan l’a révoqué de son titre de Président. Que lui reste-t-il comme fonctions du fond de sa cellule ?

Avant tout, je tiens à rectifier mes propos. Hier j’ai dit que sa cellule mesurait 4 mètres carrés, en fait elle mesure 6 mètres 48 avec lavabo et toilettes comprises. Pour revenir au feuilleton Carlos Ghosn, il a été destitué hier à l’unanimité de son titre de Président de Nissan. À noter que les deux français présents au conseil ont voté pour cette destitution. Ledit conseil a quand même duré 4 heures.

Il reste cependant administrateur de Nissan et il faudra une assemblée des actionnaires de l’entreprise pour le destituer. Il est toujours président de Mitsubishi Motor mais, on a appris hier qu’un conseil avait été convoqué dans les prochains jours sans doute pour le destituer. Carlos Ghosn est toujours président directeur général de Renault même si Thierry Bolloré est à sa place en ce moment. Surtout il est toujours PDG de l’alliance Renault-Nissan à laquelle les Japonais et Bruno Le Maire ne veulent pas toucher. Il garde donc l’essentiel de ses mandats. Mais jusqu’à quand ? Car il est affaibli par cette affaire et c’est un homme seul.

Un autre homme reste discret, c’est Thierry Bolloré, l’homme qui a été nommé pour gérer Renault en l’absence de Carlos Ghosn. Que sait-on de lui ? C’est un professionnel très respecté du monde de l’automobile. Il a longtemps travaillé chez Michelin – notamment quand Ghosn y était. Il a ensuite travaillé chez deux équipementiers : Valeo et Faurecia. Il est arrivé chez Renault après l’affaire d’espionnage en 2011. C’est un très bon cost-killer, c’est-à-dire qu’il est spécialiste de la réduction des coûts. C’est également un homme qui a travaillé dans le monde entier et qui privilégie le dialogue et le consensus. Alors certes, ce n’est pas un ingénieur, en revanche c’est un survivant !

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