Restauration : "entre 25 et 30% des établissements vont mettre la clé sous la porte"

Hervé Montoyo, président de l'Umih 66, l'Union des métiers de l'industrie hôtelière des Pyrénées-Orientales et chef du "Chat qui rit" à Reynès, était interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 16 novembre. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Les restaurateurs vont manifester un peu partout en France lundi 16 novembre 2020 (STEPHANE DE SAKUTIN - AFP).

Avec un confinement à durée indéterminée, comment les restaurateurs se projettent-ils sur ces prochaines semaines ?

 

Pas de chiffres sur les clusters dans les restaurants

Localement, des rassemblements de restaurateurs sont prévus, notamment place de la République à Perpignan, lundi 16 novembre au matin. "C’est un ras-le-bol de nos professionnels, puisque l’on a été les premiers à fermer", explique Hervé Montoyo, président de l'Umih 66, l'Union des métiers de l'industrie hôtelière des Pyrénées-Orientales.

"Depuis le début de cette crise sanitaire, que l’on ne conteste pas, c’est une partie de yoyo. On nous a imposé un protocole strict, que nous avons appliqué. La réduction du nombre de tables nous a fait baisser notre capacité d’accueil. Après, on nous a fait fermer à 22 heures, puis totalement, rappelle celui qui est également chef du "Chat qui rit" à Reynès. Nous n’avons pas de perspectives. Le ministre de la Santé n’a toujours pas donné de chiffres de contaminations dans nos métiers. Il ne peut pas, vu qu’il n’y en a pas. C’est là le problème."

 

200.000 chômeurs de plus

Quid des aides ? "Cela ne fonctionne pas, très peu de nos professionnels peuvent bénéficier des aides. C’est typiquement français : quand on parle de simplification, cela se complique ! Les effets d’annonces sont catastrophiques. Les professionnels pensent bénéficier d’aides non remboursables, le grand public pense que l’on est fermé et abreuvé d’aides et de subventions."

Constate-t-on déjà des fermetures définitives ? "De plus en plus de professionnels se posent la question, reconnaît Hervé Montoyo. Les prévisions ne sont pas bonnes : entre 25 et 30% de nos établissements vont mettre la clé sous la porte. Cela va grossir les rangs de Pôle emploi de 200.000 chômeurs de plus. Le chômage partiel a été très positif. C’est la perfusion que nous a mis le gouvernement. À un moment, ce n’est pas une menace, mais nous ne pourrons pas garder nos collaborateurs."

 

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