Remontée des prix des carburants: les automobilistes font grise mine

Les prix flambent une nouvelle fois à la pompe. Augmentation de 14 centimes pour le litre de sans-plomb 95 depuis le début de l'année, 8 centimes pour celui de gazole. Le gouvernement avait annulé l'augmentation de la fiscalité sur le carburant prévue en janvier, mais cette remontée est due cette fois à la hausse du pétrole brut. Le sujet est inflammable: les hausses prévues avaient engendré le mouvement des gilets jaunes... À la station service, c'est la soupe à la grimace.

Reportage Sud Radio de Mathilde Choin

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Obligé de parcourir 50 kilomètres tous les jours pour aller au travail, Cédric découvre la facture:

"78 euros ! Pour mettre 51 litres !"

Propriétaire d'une voiture et d'une moto, ce père de famille en a pour près de 150 euros par mois de carburant. Face à cette nouvelle hausse, il en veut au gouvernement: "ils avaient annoncé des baisses, ça a été fait, mais ça a duré deux mois ! Ce n'était que des effets d'annonce. On baisse un petit peu pour faire croire à tout le monde qu'on est les gentils et qu'on baisse les prix. Faudra pas qu'ils s'étonnent s'il y a de nouveau le feu à Paris." Pour Nicolas, ça sera 70 centimes sur le plein de son vieux scooter. Le jeune homme est fataliste: "Il y a d'autres énergies qu'on pourrait exploiter, mais ils font tout pour qu'on ne se passe pas du pétrole. Personne ne veut qu'on s'en passe."

Une hausse due aux cours mondiaux du pétrole

Une hausse qui s'explique avant tout par l'envol des cours du pétrole, avec une augmentation 40 % depuis le mois de janvier. Même si l'exécutif n'a pas la main sur cette question, explique l’économiste, Philippe Waechter: les marges de manœuvres sur les taxes sont elles aussi limitées. "Il y a déjà toute une série de compensations qui ont été mises en place. Hausse de la prime d'activité, primes défiscalisées. La contrepartie, c'est qu'il faudra payer son essence un peu plus cher. Le gouvernement ne peut pas agir sur tout, sur les revenus tout en baissant ses recettes."

Parmi les seules solutions existantes selon les experts : le retour à la TIPP flottante. Mise en place au début des années 2000, elle permet de moduler la taxe intérieure sur les produits pétroliers en fonction des cours du pétrole.