éditorial

L'édito de Yves de Kerdrel

Yves de Kerdrel Sud Radio Éditorialiste
Economie

Quel avenir pour le couple Renault- Nissan ?

Depuis la mi-novembre Carlos Ghosn, le patron de Renault est en prison au Japon pour des questions de dissimulation de revenus. Y-a-t-il encore un avenir désormais pour le couple Renault- Nissan ?

C'est une question difficile alors que Carlos Ghosn est toujours emprisonné et que l’on ne connaît pas les griefs précisément portés contre lui. Ce qui est sûr c’est que la relation entre les deux constructeurs s’est fortement déteriorée en quelques semaines. Ghosn a été démis de ses fonctions à la tête de Nissan et de Mitsubishi à la demande de son numéro deux qu’il avait lui-même choisi. Depuis Renault qui est le premier actionnaire de Nissan avec 43 % du capital n’a plus que deux représentants au conseil. Les dirigeants de Renault ont donc demandé la convocation d’une assemblée pour coopter deux nouveaux représentants et les dirigeants de Nissan font tout pour s’y opposer.

Est-ce qu’il y a un risque qu’en 2019 on assiste à l’effilochage des liens Renault-Nissan ? Il y a deux choses : les liens juridiques et les liens industriels. Sur les liens juridiques, je suis plutôt pessimiste car Nissan veut montrer qu’il s’est émancipé de Renault et son nouveau patron est un dur. Par ailleurs les autorités japonaises poussent dans ce sens depuis qu’elles ont appris l’existence d’un projet caché de fusion totale Renault-Nissan que préparait Carlos Ghosn. Sur les liens industriels je suis plutôt optimiste. Car a travers la fameuse Alliance Renault-Nissan les deux constructeurs dégagent chaque année près de 6 milliards d’euros de synergies. Aujourd’hui près de 80 % des composants d’une Nissan sont les mêmes que ceux d’une Renault. Tout cela personne n’osera le défaire. En revanche la question est de savoir qui va présider cette alliance que gérait Carlos Ghosn. C’est pourquoi ce feuilleton industrialo-judiciaire n’est pas prêt d’être terminé et va animer toute l’année 2019

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