éditorial

L'édito de Yves de Kerdrel

Yves de Kerdrel Sud Radio Éditorialiste
Economie

Quand Macron reçoit 150 grands patrons à Versailles… en pleine crise des gilets jaunes

C’est un peu le grand écart pour Emmanuel Macron. Vendredi il a passé 7 heures à répondre aux maires occitans dans une salle municipale de Souillac, et aujourd’hui il reçoit 150 patrons du monde entier à Versailles.

 

C’est le grand écart pour Emmanuel Macron au sens propre et au figuré. Après avoir parlé des ronds-points et des trains intercités aux maires normands ou occitans, il va s’adresser en anglais à 150 des plus grands patrons mondiaux. Et puis surtout après avoir tenté d’éteindre l’incendie qui couve dans la société française, il va expliquer à des gens très bien informés que la France est le pays où il faut investir. Alors que les images de chaque samedi de manifestation et de cassage sont retransmises depuis deux mois sur CNN comme sur Fox News... Autant dire qu’il va lui falloir beaucoup de force de conviction pour convaincre ces patrons d’investir dans un pays qui se cherche. Mais pourquoi avoir choisi de faire cet exercice maintenant, il aurait pu attendre la fin de la crise des Gilets Jaunes ?  

Pour plusieurs raisons je pense. La première, c’est qu’il est empêché d’aller à Davos où il aurait croisé tous ces patrons. Donc ça lui permet de les voir. Personnellement j’aurais évité de choisir les dorures de Versailles pour faire ça, parce que cela montre sa déconnexion complète avec la France des ronds-Points. Ensuite, parce qu’Emmanuel Macron, s’il a pris en partie la mesure de la crise sociétale qui agite le pays, il continue de faire un déni. Et donc pour lui c’est important de recevoir les patrons mondiaux, comme s’il ne se passait rien de grave. Et de le faire à Versailles, le jour anniversaire de la mort de Louis XVI. Enfin parce que c’est son côté Jupiter qui n’est pas encore redescendu de l’Olympe, il est convaincu que lui seul peut faire cet exercice. Alors que Bruno Le Maire aurait très bien pu recevoir le patron de Microsoft, Lakshmi Mittal, fondateur du groupe Mittal ; Larry Culp, PDG de General Electric ou David Taylor, directeur général de la multinationale Procter & Gamble. Le problème, c’est que pour lui l’avenir, ce sont ces patrons qui incarnent la mondialisation. Alors que pendant ce temps-là, une grande partie des français ne veulent plus entendre parler de cette mondialisation... 

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