éditorial

L'édito de Yves de Kerdrel

Yves de Kerdrel Sud Radio Éditorialiste
Economie

Quand la justice américaine cherche à affaiblir Airbus

Alors Yves, l’action Airbus a perdu près de 5 % hier après qu’on ait appris que la justice américaine avait ouvert une enquête pour des faits de corruption. De quoi s’agit-il ?

Il y a en effet une vieille affaire de corruption et de pots de vin qui traîne au sein d’Airbus. Cela fait depuis 2016 que les dirigeants d’Airbus ont mis au jour des circuits obscurs destinés à rémunérer des intermédiaires. Or la France ayant signé une charte de l’OCDE contre la corruption internationale, Airbus a été contraint de mener une enquête interne. Là où Tom Enders, le patron d’Airbus qui doit partir dans quelques jours, a été très maladroit, c’est qu’il a fait faire un audit interne par un cabinet d’avocats américain, soi-disant pour des questions de crédibilité. Mais tout ce que ces avocats ont trouvé, se retrouve aujourd’hui au Département de la Justice américaine, après être passé par le parquet britannique. Rien des faits imputés à Airbus ne concerne les Etats-Unis, mais comme les avions se vendent en dollars, c’est une raison suffisante pour les procureurs américains de s’intéresser à cette affaire.

Et Airbus risque gros dans cette affaire, très gros. On évoque déjà une amende d’un montant de 7 milliards de dollars et à cela s’ajoute un risque de réputation. Et tout cela se passe curieusement au moment où Airbus vient de dépasser Boeing en nombre d’avions livrés. Avec la justice américaine il n’y a jamais de hasard. Son but et d’affaiblir Airbus, comme ils l’ont fait avec BNP Paribas ou Volkswagen. Mais le pire c’est que Airbus est responsable de cette situation là à cause de la manière utilisée par Tom Enders pour se défendre. En plus cet Allemand aux méthodes autoritaires a fait partir tous les talents qui l’entouraient, Marwan Lahoud le patron de la stratégie, Fabrice Brégier le patron des avions commerciaux, ou le directeur commercial qui était parvenu à vendre des Airbus à toute la planète. Quand on a un seul concurrent qui s’appelle Boeing on ne fait plus de la compétition, mais de la guerre économique. Ça les américains l’ont très bien compris. Mais nous européens restons bien naïfs. Et un jour ou l’autre il faudra bien ouvrir les yeux.

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