Privatisation d'Aéroports de Paris: y a t-il conflit d'intérêt?

La privatisation d'Aéroport de Paris, à l'ordre du jour de l'Assemblée
ERIC PIERMONT / AFP

Mais pourquoi donc se séparer d'un établissement très rentable, pour nos finances publiques? Les députés se penchent de nouveau ce mercredi sur la privatisation d'Aéroports de Paris (ADP), dans le cadre du projet de loi Pacte. La mesure a été rejetée par le Sénat le mois dernier, sur la base d'une majorité LR, PS et communistes, et c'est peu dire si cette vente fait polémique. Le bilan très critiqué des privatisations des autoroutes et de l'Aéroport de Toulouse-Blagnac est passé par là. Pour la vente d'ADP, certains pointent même un risque de conflit d'intérêts.

 

Reportage Sud Radio de Benjamin Glaise

L'attaque vient de Nicolas Dupont-Aignan, le patron de Debout la France, très virulent cette semaine dans "les Vraies voix" de Sud Radio :

"Je suis scandalisé qu'on vende un établissement public qui rapporte beaucoup d'argent à l'Etat, à des intérets privés: la Bank of America va être le gestionnaire de cette vente, et qui y travaille? Un fidèle de M. Macron. Je trouve cela très déplaisant".

Quel rôle pour Bank of America

La banque américaine a effectivement un rôle de conseil auprès de l'Etat dans ce dossier. Nicolas Dupont-Aignan, par cette déclaration, vise Bernard Mourad, le patron de la branche française de Bank of America. Le quadragénaire était dans le premier cercle d'Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle, en charge, notamment, de la levée de fonds. Cela pose question, reconnait Paul Cassia, professeur en droit public :

"On peut dire que Bank of America est dirigée, depuis quelques mois, par une personnalité proche du président de la République. Alors en déduire qu'il y a conflit d'intérêt, c'est peut-être aller trop loin au regard des éléments dont on dispose jusqu'à présent, mais ce conflit d'intérêt ne peut être exclu, car on ne sait encore rien du rôle concret de la Bank of America".


Attaqué sur les réseaux sociaux, Bernard Mourad qualifie ces insinuations de Fake News: "Je ne participe pas à l’équipe-projet" affirme celui qui a pris la direction du siège parisien de Bank of America, un an après le mandat donné à l'établissement bancaire.

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