"Pour équilibrer leur budget, les communes n’auront pas d'autre choix que d’augmenter les impôts"

Mathieu Plane, économiste et directeur adjoint à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), était interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 19 février. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Le tourisme, dont la montagne, souffre de la crise du Covid-19. Vue aérienne du village de Cadillac (ouest), le 12 février 2021 (Damien Meyer - AFP)

"Le tourisme est très impacté"

Six milliards d’euros, c’est le montant des pertes liées au Covid-19 dans l’ensemble des communes de France. Certaines sont-elles plus touchées que d’autres ? "La crise est quand même générale et impacte l’ensemble des territoires, estime Mathieu Plane, économiste et directeur adjoint à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Certaines sont plus touchées que d’autres en raison de leur spécialisation sectorielle. On voit que le tourisme est très impacté. Les régions les plus touristiques sont sûrement les plus touchées."

"Après, nous avons des secteurs comme l’aéronautique, par exemple. Mais globalement aucun territoire n’est complètement épargné, estime l’économiste. Cette crise est assez violente, et on voit que, par le mécanisme assez simple des recettes fiscales qui dépendent de l’activité, il y a des pertes alors que les dépenses sont là, vu qu’il faut bien soutenir l’économie."

"Une bonne santé financière avant la crise"

Le quoi qu’il en coûte marche-t-il aussi pour les municipalités ? "Il y a des transferts assez faibles par rapport à l’ampleur de la crise. Il n’y a pas de compensation intégrale des pertes. La fiscalité globale des collectivités locales c’est 15% de l’ensemble de ce que paient entreprises et ménages, des impôts et cotisations de sécurité sociale, rappelle le directeur adjoint de l’OFCE. Les recettes fiscale de collectivités locales sont moins dépendantes des niveaux de revenus, comme la taxe foncière, Elles sont plus rigides. Malgré tout, cela met certaines d’entre elles en difficulté."

Pour autant, certaines communes étaient en bonne santé financière avant l’arrivée de la crise. "Depuis 2016, il y avait plus de 6 milliards d’euros d’excédent budgétaire du côté des collectivités locales, rappelle en effet Mathieu Plane. Elles ont des situations financières assez favorables pour aborder cette crise, mais c’est extrêmement hétérogène. Surtout, elles doivent voter un budget en équilibre budgétaire hors dépenses d’investissements. Pour équilibrer leur budget, elles n’auront pas d'autre choix que d’augmenter les impôts, et notamment la taxe foncière. Le gouvernement supprime progressivement la taxe d’habitation, l’assiette, fiscale s’est réduite. Elles ont une possibilité limitée de recours à la dette."

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