Plan de soutien à l’embauche d’apprentis : "Je ne crois pas que cela soit la priorité"

Thierry Duphil, chef d’entreprise à Nice, chargé de la formation à la Fédération française du bâtiment des Alpes-Maritimes, était interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 5 juin. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Muriel Pénicaud promet une aide élargie à l'embauche d'apprentis dans les entreprises. (Christophe PETIT TESSON - POOL/AFP)

Le gouvernement met en place un plan de relance massif à l'apprentissage. Muriel Pénicaud promet une aide élargie à l'embauche de 8.000 euros pour les majeurs de 18 à 30 ans et de 5.000 euros pour les mineurs pour les entreprises recrutant un apprenti. Toutes les entreprises pourront en bénéficier. Aucune condition ne sera requise pour les PME de moins de 250 salariés. Que faut-il penser de ces mesures ?

 

D'abord tenter de maintenir les équipes

"C’est intéressant, estime Thierry Duphil, chef d’entreprise à Nice, chargé de la formation au sein de la Fédération française du bâtiment des Alpes-Maritimes. Mais est-ce le but ultime de recruter un apprenti ? Aujourd’hui, nous sommes dans une perspective très compliquée. Nous reprenons notre activité, on se pose la question de notre devenir".

"Je ne crois pas que cela soit la priorité, souligne l’entrepreneur. Nous avons tous un manque de visibilité, c’est criant dans tous les secteurs. On veille à l’instant présent à maintenir notre équipe en place. J’ai une PME, trois salariés, dix apprentis. Ma priorité, c’est de maintenir leur emploi avant de pouvoir penser à prendre un autre apprenti".

L'économie ne sera pas relancée de cette façon

"Je ne dis pas qu’il ne faut pas voir les choses s’améliorer. Mais je pense que la fin de la crise ne sera pas avant la fin de l’année, confie Thierry Duphil. A-t-il pour autant l’impression que l’activité reprend dans le BTP ? "Je vais parler uniquement de ce qui me concerne. Non, les clients étrangers ne sont pas venus, et les chantiers que l’on devait faire avant la saison estivale ne sont pas réalisés. Des chantiers sont décalés à septembre ; entretemps, il faut travailler. J’ai des marchés qui devaient être signés et qui ne le sont pas".

"Quelle va être l’ampleur de cette crise économique ?", se demande le chef d’entreprise niçois. Si vous êtes prêt à investir et à réaliser des travaux, vous allez dire 'on va attendre la fin d’année, l’année prochaine'… C’est là le problème. On ne relance pas l’économie en annonçant qu’on va aider à la signature d’un contrat d’apprentissage".

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