Mise en concurrence de la SNCF : "Quand on voit déjà le désordre avec deux opérateurs..."

Illustration grève SNCF (©KENZO TRIBOUILLARD - AFP)

Ce lundi 19 février marque le début des discussions sur la grande réforme de la SNCF, qui devrait notamment remettre en cause le statut de cheminot et préparer l’ouverture à la concurrence. Une nouvelle donne qui rend sceptique certaines associations d’usagers.

C’est une réforme qui pourrait faire grand bruit dans les médias… et dans la rue. Ce lundi, la grande réforme de la SNCF entame une nouvelle phase cruciale avec le début des discussions entre toutes les parties impliquées, après la remise du rapport Spinetta. Parmi les sujets mis sur la table figurent notamment la réforme du statut de cheminot et la préparation de l’ouverture à la concurrence de la SNCF dans un avenir proche. Or, cette mise en concurrence inquiète quelque peu Antoine Pavamani, président du collectif "La vignette du respect", qui défend les usagers du RER et du réseau transilien en Île-de-France.

"En France, on a déjà deux opérateurs qui ne sont pas en concurrence mais qui sont censés coopérer entre eux : la RATP et la SNCF. Quand on voit le niveau de désordre que peut créer cette coopération entre deux entreprises publiques, on est un petit peu craintif quand on se projette sur un monde où il y aurait 4, 5 ou 6 opérateurs en Île-de-France. On voudrait qu’il n’y en ait qu’un seul, puisqu’on arrive à des niveaux d’absurdité dans le fonctionnement des deux entreprises qui sont sources de maints désagréments pour les usagers", déclare-t-il au micro de Sud Radio.

Malgré tout, ce coup de pied dans la fourmilière peut peut-être faire avancer les choses, selon lui, alors que la situation dégradée des transports en Île-de-France a aujourd’hui de nombreux effets néfastes. "Des effets néfastes sur les usagers, déjà. C’est une galère quotidienne, et ça en devient angoissant d’utiliser ces moyens de transports, et ça a aussi des conséquences sur ces territoires parce qu’aujourd’hui les entreprises quittent la grande couronne. En 2017, Nestlé a décidé de délocaliser ses activités et son siège social de Noisiel, à 24km de Paris sur le RER A, vers Issy-les-Moulineaux sur le trajet du Grand Paris express. Énormément de grandes entreprises effectuent aujourd’hui des choix du même ordre", souligne Antoine Pavamani.

Propos recueillis par Adeline Tavet

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