Mesures sanitaires dans les restaurants : la colère de Michel Sarran

Michel Sarran, chef 2 ** du restaurant gastronomique Michel Sarran à Toulouse, était interviewé dans "Le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 1er octobre. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Le chef étoilé Michel Sarran le 11 juillet 2016 à Toulouse (PASCAL PAVANI - AFP/Archives)

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Une profession à l'agonie

"On trouve qu’il y a une stigmatisation sur nos métiers et on ne comprend pas toutes les mesures gouvernementales. On sait bien qu’il y a un problème sanitaire, nous sommes solidaires de ce qui se passe. Mais qui peut affirmer aujourd’hui que nos restaurants sont dangereux ?", demande Michel Sarran. "Il n’y a pas de discernement, on ferme tous les établissements. On nous a imposé une fermeture puis un protocole strict ayant engendré des frais. Ensuite, on nous dit que cela ne suffit pas."

"Certes, il y a de mauvais élèves, et plutôt que faire appliquer les consignes rigoureusement partout, on ferme tout et ce ne n’est pas acceptable. Bien sûr que les mauvais doivent être punis. Après, un restaurant comme le mien, qui reçoit 50 couverts, avec la distanciation, serait plus dangereux que les transports en commun et les regroupements privés. On nous a toujours dit que les principaux clusters venaient des regroupements familiaux ou privés. Le fait de fermer les bars à 22 h va inciter à se retrouver dans des petits appartements sans aucune précaution. C’est dramatique, on a une profession à l’agonie."

Des décisions inacceptables

Bars et restaurants, est-ce la même chose ? "Je ne vais pas taper sur les bars. Je sais qu’il y a des bars où le protocole est appliqué. Ce n’est pas à nous de faire la police. Aujourd’hui, le choix du gouvernement, c’est « vous êtes tous mauvais et dangereux ». Ce n’est pas acceptable. À Toulouse, on nous demande de ne plus servir d’alcool fort après 22 h. Expliquez-moi le lien avec le coronavirus, je ne comprends pas. Ce sont des mesures surprenantes ; si ce soir on nous ordonne de fermer nos établissements pour 15 jours, cela va devenir catastrophique."

"Dans nos maisons, il y a une véritable envie d’aller au restaurant. On est là pour apporter du plaisir et du bonheur. Et on en a besoin dans cette période compliquée, souligne Michel Sarran. Socialement, notre rôle est important. Tout le monde nous défend, ils se sentent en sécurité. Vous avez forcément envie de sortir. Si vous ne pouvez pas sortir, vous créez des salles, des rassemblements avec les réseaux sociaux, où il se passe n’importe quoi. Dans les universités, les centres commerciaux, c’est aberrant de considérer que ces rassemblements-là sont moins dangereux que nos maisons !"

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