M-E. Leclerc : "C'est une erreur de croire que les Français vont pouvoir s'enquiller des hausses partout"

Michel-Édouard Leclerc (PDG du groupe E.Leclerc) était ce vendredi l'invité du petit-déjeuner politique de Sud Radio, au micro de Philippe David, Christophe Bordet et Michaël Darmon.

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On vient de l'apprendre, l'inflation a fait un bon surprenant le mois dernier avec un niveau qui n'avait plus été atteint depuis 2012. Une mauvaise nouvelle pour le portefeuille des Français que déplore Michel-Édouard Leclerc.

"L'inflation m'inquiète parce que la conso est le principal vecteur de croissance interne"

Invité ce vendredi du petit-déjeuner politique au micro de Philippe David, Christophe Bordet et Michaël Darmon, le patron du groupe E.Leclerc a ainsi fait part de son inquiétude devant cette nouvelle flambée des prix à la consommation, qui risque d'impacter de manière significative le pouvoir d'achat des Français. "La préoccupation du pouvoir d'achat fait son retour. D'après les sondages, le président Macron ne tient pas suffisamment compte de ce pouvoir d'achat. 68 % des Français le pensent. Et pendant ce temps-là, à l'Assemblée nationale, ils sont en train de nous préparer une remontée des prix, théoriquement pour faire bénéficier les agriculteurs. Cette inflation m'inquiète parce que la consommation française est le principal vecteur de la croissance interne", a-t-il affirmé. "Cette consommation est atone, elle n'a pas plongé comme au Portugal, en Espagne ou en Grèce, mais je pense qu'elle ne supportera pas une montée d'inflation comme ça. Or, nous avons bénéficié de trois années de carburant pas cher. Il y a eu, dans le budget des Français une amélioration du pouvoir d'achat par la baisse de la facture de la cuve de fuel et des coûts de transport mais là ça repart à la hausse, en plus de plein d'autres petites dépenses. On a bien vu avec les 5 euros d'APL comment les Français y étaient sensibles", a-t-il encore insisté, affirmant qu'il assumait, de fait, de s'investir "sur la défense du pouvoir d'achat des Français". 

Interrogé par ailleurs sur la loi Agriculture et alimentation, votée mercredi à l'Assemblée, Michel-Édouard Leclerc a fait part de son scepticisme. "C'est une erreur que de vouloir croire que les Français vont pouvoir s'enquiller des hausses partout. Sur le fond, la loi sur l'agriculture est bonne pour les agriculteurs (...) mais je ne crois pas que ce soit en encadrant la promotion du Nutella et en remontant les prix des grandes marques internationales que les agriculteurs vont s'enrichir", a-t-il conclu, sceptique.

>> Retrouvez l'intégralité de l'interview de Michel-Édouard Leclerc, invité du petit-déjeuner politique