L'Institut Montaigne appelle à "travailler plus efficacement, et sans doute plus" face à la récession

Dans une note publiée hier, le groupe de réflexion à la ligne libérale assumée alerte sur le choc économique auquel la France va faire face dans les dix prochaines années. Pour pallier la récession, l'Institut Montaigne propose - entre autres - l'allongement du temps de travail et moins de RTT. Explications avec l'économiste Bertrand Matignot.

La bourse a d'ores et déjà chuté de 6611 points le 19 février à 4433 points ce jeudi 7 mai. (Photo Ahmed Ardity / Pixabay)

Propos recueillis par Lionel Maillet pour Sud Radio.

L'Institut Montaigne, think-tank libéral, vient donner un grand coup de pied dans la fourmilière avec cette nouvelle note publiée ce mercredi. Les propositions sont crues mais l'économiste Bertrand Matignot de l'Institut en question le justifie par l'inéluctable récession économique.

Une véritable cure d’austérité pour relancer l’économie entre la suppression d’un jour férié,  l’allongement du temps de travail, moins de RTT et la disparition d’une partie des vacances de la Toussaint. Pour autant, toutes ces idées sont rejetées par le gouvernement.

Bertrand Matignot en dit plus pour Sud Radio : "l'économie française est face à un risque d'effondrement : c'est-à-dire de diminution irréversible de l'emploi et du capital productif, et là on mettra plusieurs années à s'en remettre. Deuxième élément : on va avoir une perte de richesse colossale, qui se chiffrera à plusieurs centaines de milliards d'euros et qu'on ne retrouvera pas avant de nombreuses années. Ces pertes sont définitives car c'est du pouvoir d'achat. Il va falloir travailler plus efficacement et dans certains cas, un peu plus. Pour combler ce retard de richesses et éviter que le pouvoir d'achat ne s'effondre dans ce pays. Car c'est bien là le risque."

Par opposition directe au keynésiannisme - mouvement économique qui prône l'intervention de l'Etat pour stimuler la demande et ainsi relancer l'offre -, le libéralisme assumé de l'Institut Montaigne en appelle à la responsabilité de chacun pour relancer l'offre, les entreprises étant en danger imminent. Une posture qui promet de faire réagir, alors que les 35 heures de Martine Aubry fêtent leurs vingt ans.