éditorial

L'édito de Yves de Kerdrel

Yves de Kerdrel Sud Radio Éditorialiste
Economie

L’état va changer sa façon de calculer les prix de l’électricité

Edito Eco
INA FASSBENDER / AFP

La porte-parole du gouvernement, a indiqué hier que l’État allait revoir prochainement le mode de calcul des prix de l’électricité…

Naturellement, parce que depuis samedi dernier vous et moi payons notre électricité 5,9 % plus cher qu’auparavant.
Cette hausse est pointée du doigt par toutes les associations de consommateurs, car elle va entraîner un surcoût de 85 euros par ménage. Simplement c’est un peu facile de dire : cette hausse n’est pas la faute de l’état. Et d’ajouter : mais l’état va tout faire pour que ça s’arrête.
 

Vous voulez dire que la ministre va un peu vite en besogne. Je pense surtout que le gouvernement réalise que cette hausse est une énorme maladresse et qu’il essaye de se dédouaner. Mais dans le passé il y a eu bien des hausses du prix de l’électricité qui ont été retardées ou annulées. Par ailleurs c’est vrai que c’est un organisme indépendant, la CRE, qui décide de ces hausses.
Mais pas si indépendant que cela puisque la ministre, elle-même, indique que c’est le gouvernement qui va établir un nouveau mode de calcul.

 

Alors qui dit vrai et qui bluffe ? Ce qui est sûr c’est que le mode de calcul est aberrant, car il tient compte de l’envolée du prix du pétrole ou du charbon. Alors que notre électricité est produite par des centrales nucléaires qui ne dépendent que de l’uranium ou par des barrages hydro-électriques. Par ailleurs la CRE fait en sorte que le prix de l’électricité soit assez élevé pour permettre aux petits concurrents d’EDF de pouvoir faire des marges. Ce qui est aberrant. Car lorsqu’on crée de la concurrence, c’est pour faire baisser les prix et dans ce cas-précis ça les fait monter.
 

Donc il faut bien réformer ce mode de calcul

Bien sûr qu’il faut le réformer. Mais la porte-parole ment lorsqu’elle dit que ça va intervenir prochainement. Tout cela doit passer par la loi et le calendrier parlementaire est totalement embouteillé pour les prochains mois. Je vous donne donc rendez-vous dans six mois, voire dans un an, et je vous parie qu’il ne se sera rien passé. Voilà pourquoi cette déclaration est démagogue et hypocrite.

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