éditorial

L'édito de Yves de Kerdrel

Yves de Kerdrel Sud Radio Éditorialiste

Tout le monde célèbre les vingt ans de l’euro. Comme si c’était une grande réussite. Vous aussi ?

D’abord ces 20 ans sont purement théoriques, puisque vous avez commencé à changer vos pièces et vos billets en 2001 et non en 1999. Mais à part cela il faut se rappeler ce que devait être l’euro : la première monnaie mondiale, capable de faire front au dollar et d’assurer la prospérité de la zone euro. Or, c’est toujours le dollar la première monnaie mondiale et pire que cela les américains ont durci les règles sur l’utilisation du dollar, ce qui a valu des sanctions très fortes à des entreprises européennes. Enfin concernant la prospérité de la zone euro, on peut avoir quelques doutes. Jamais depuis 20 ans la croissance moyenne n’a été aussi faible dans la zone euro. Et moins de croissance, c’est moins d’emploi, c’est moins de pouvoir d’achat. Et c’est cela qui couve sous la crise des "gilets jaunes".

D'ailleurs, le pouvoir d’achat parlons-en. Un sondage Harris Interactive publié hier montre que c’est désormais la première priorité des français. Depuis plusieurs années la première priorité des français, c’était la sécurité, la lutte contre le terrorisme ou contre l’immigration. Pour 2019, selon ce sondage, la priorité de 73 % de nos concitoyens, c’est le pouvoir d’achat avec 9 points de plus que l’an passé. Cela s’explique par l’augmentation des prélèvements obligatoires qui n’a pas arrêté depuis 2012 et la suppression de beaucoup d’aides aux familles. Cela s’explique aussi par la hausse des prix. Et j’en reviens à l’Euro. Car on nous expliquait il y a vingt ans que l’euro allait calmer les prix. C’est le contraire qui s’est passé. Notamment à cause des arrondis. Du coup dans la tête de beaucoup de français il y a un arbitrage qui se fait avec les contraintes européennes liées à l’euro. Si bien que 2 français sur 3 pensent que le gouvernement doit "avant tout aider le pouvoir d'achat des Français", quitte à laisser filer le déficit. C’est la preuve que l’euro n’est même plus un garde-fou contre la dette

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