éditorial

L'édito de Yves de Kerdrel

Yves de Kerdrel Sud Radio Éditorialiste
Economie

Les taux de crédits immobiliers au plus bas !

C’est officiel : les taux des crédits immobiliers sont à leur plus bas historique avec dans certains cas des prêts à moins de 1 % ?

On pensait que les taux d’intérêt avaient fini de baisser et les banques centrales annonçaient toutes un relèvement des taux à ’été.

Mais selon l'observatoire Crédit logement/CSA, les taux d'emprunt ont encore baissé au mois de mai, avec une moyenne à 1,29 % sur 19 ans. C’est un record historique. Ce baromètre qui est ancien et très précis n’avait pas enregistré de taux aussi bas depuis 2016 avec 1,33 %.Tout cela n’est pas surprenant, puisque les taux des banques centrales, qui donnent le la, sont orientés à la baisse. Sur certaines échéances plus courtes il existe même des taux à moins de 1 % et à 0,80 % pour les crédits à la consommation. Ça veut dire qu’avec une inflation estimée entre 1,7 et 1,8 % n’importe quel particulier qui s’endette aujourd’hui crée du pouvoir d’achat. Juste pour votre mémoire, en 1990 les taux étaient exactement dix fois plus élevés qu’aujourd’hui. Et en 2000 : quatre fois plus élevés.

C’est historique, d’accord. Mais est ce que ça va durer ? Oui, ça va durer, car les banques centrales vont continuer baisser les taux. Pourquoi ? Et bien parce que la croissance en zone euro, est trop faible. Et que baisser les taux, en principe, ça stimule l’investissement, ça dope la consommation des ménages en injectant de l’argent dans l’économie.

On en saura plus jeudi avec la grande réunion de la Banque Centrale Européenne qui devra en dire davantage sur ses intentions.
Mais si les taux baissent trop on va vite voir ré-apparaître des comportements malsains avec des prêts accordés sur 30 ans.

Ou bien des particuliers qui s’endettent pour profiter de ces taux bas, mais qui n’ont pas d’apport personnel ou qui ont des revenus trop
justes. C’est ce qui explique que la France vient de battre un nouveau record avec un encours de prêts immobiliers de 1.000 milliards d’euros. Tant mieux pour le marché immobilier. Tant mieux pour les banques qui hameçonnent des clients. Tant mieux pour les assureurs crédits. Mais il ne faut pas oublier que la dernière grande crise financière que nous avons vécue, celle des subprimes, était une crise du surendettement. Et comme disait Oscar Wilde : « on ne meurt pas de ses dettes, mais on meurt de ne plus pouvoir en faire. »

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