éditorial

L'édito de Christophe Bordet

Christophe Bordet ©Anthony Ghnassia
Economie

Les plus pauvres de plus en plus pauvres : l'inquiétant rapport du Secours catholique

Entrée du Secours catholique à Calais (©PHILIPPE HUGUEN - AFP)

Un rapport du Secours Catholique montre que les inégalités continuent inlassablement de se creuser.

Les premières victimes sont les femmes, avec une forte proportion de mères isolées. Également préoccupant, l’augmentation de la proportion de femmes seules, souvent plus âgées et dont les ressources et pensions de retraites sont faibles.

Léger mieux du côté des hommes seuls venus demander de l’aide au Secours catholique ces derniers mois. Ils sont un peu moins nombreux en 2016 qu’en 2015.

Les familles monoparentales sont très présentes dans les accueils du Secours catholique. Elles représentent trois ménages rencontrés sur dix. Elles sont composées de 88% de mères isolées avec enfants. La part de pères isolés passe de 2,8% des ménages en 2002 à 3,6% en 2016.

Parmi ceux qui demandent de plus en plus souvent de l’aide, des parents dont les enfants majeurs vivent encore au domicile parce qu’ils ne trouvent pas d’emploi ou sont sortis du système scolaire sans qualification. Trois-quarts des personnes concernées vivent en ville, mais la situation se détériore aussi dans les campagnes.

Les ménages sans revenus ne cessent de progresser. 19%, 5 points de plus qu’en 2010. Une majorité d’étrangers sans papiers qui ne travaillent pas et qui ne bénéficient pas non plus des aides sociales. Les ménages les plus jeunes sont aussi les plus fragiles financièrement. Près de 40% d’entre eux vivent sans aucune ressource et plus de la moitié vivent avec moins de 400 euros par mois. Conséquence, beaucoup dorment dans la rue, dans des caravanes ou des abris de fortune.

Près d’une personne sur cinq accueillie par le Secours catholique travaille, dont un quart en CDI temps plein. Mais des CDI peu rémunérés, ce qui ne leur permet pas de se loger et de se nourrir correctement.

En plein Paradise Papers, ce rapport vient rappeler aux plus fortunés qu’il serait temps d’être moins indécent et que le mythe de l’assistanat généralisé n’existe pas.

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