éditorial

L'édito de Yolaine de La Bigne

Yolaine de La Bigne
Economie

Les fruits et légumes gratuits ?

Des fruits et légumes remboursés par la Sécurité Sociale, c’est une idée étonnante de chercheurs américains. Quels sont leurs arguments ?

Ce titre de l’Obs est en effet peu habituel mais à l’heure de la contestation un peu partout dans le monde de la classe moyenne qui ne s’en sort plus, nos Gilets jaunes, mais aussi les soucis alimentaires de la classe moyenne en Europe, au Venezuela ou ailleurs, partout se pose la même question : avec un salaire moyen, comment s’en sortir quand la vie est de plus en plus chère ? Or se nourrir correctement coûte cher et c’est l’explication du succès de la malbouffe. D’où la réflexion de certains : comment améliorer l’alimentation et donc la santé de la population tout en l’aidant financièrement ?

D’où cette idée des chercheurs américains qui connaissent le même problème

En pire, puisqu’ils sont confrontés à une obésité inquiétante. Des chercheurs de différentes université et hôpitaux aux Etats-Unis se sont unis sous l’égide de la professeur Yujin Lee pour poser des questions nouvelles mais fondées : peut-on combler le trou de la Sécu en mangeant mieux ? Faut-il rembourser les fruits et légumes pour que la population soit moins confrontée à des maladies terribles et qui coûtent cher à la société ? Ce genre d’idées n’est pas nouvelle, cela fait des années qu’en France, certains comme le docteur Jacques Bazex, de l’Académie nationale de médecine, réclament le remboursement du sport par la Sécurité sociale car il évite lui aussi nombre de maladies coûteuses.

Mais justement quand on parle de coût, c’est très difficile à chiffrer

C’est justement ce qu’explique l’équipe américaine dans le journal Plos Medicine : "pratiquement dans tous les pays, les dépenses de santé continuent de grimper de façon dramatique, les maladies liées au régime alimentaire en étant l'un des moteurs majeurs ». Aux États-Unis, les dépenses de santé ont triplé en cinquante ans et représentaient 18% du PIB en 2016. En France, on est à 11% du PIB, ça fait beaucoup d’argent qui pourtant ne prend pas en compte les effets secondaires de la mauvaise alimentation : absences au travail et du coup indemnités, handicap etc. Bref, une idée qu’on ne verra certainement pas dans les conclusions du Grand Débat mais qui pourrait être une piste pour lutter contre l’appauvrissement...

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