L'édito politique de Laurent Mauduit - "L'idée d'un grand impôt national circule dans les rangs de LREM"

Pour préparer l'après-coronavirus, la République en Marche - ministres comme majorité - se creuse la tête pour trouver des solutions. Or, se pose la question d'un grand impôt national qui, indirectement, pèserait sur les plus pauvres. Alors que certains géants du CAC 40 s'adonent déjà à verser des dividendes.

L'édito politique de Laurent Mauduit

Retrouvez l'édito politique de Laurent Mauduit, co-fondateur de Mediapart, chaque mardi à 7h20 sur sudradio.fr.

"Le refrain selon lequel il faut restaurer l'austérité est celui du gouverneur de la Banque de France, mais aussi des ministres et de la majorité. Il faut se souvenir d'Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'Etat à l'économie qui a lâché qu'il faudra probablement plus travailler qu'on ne l'a fait avant. A croire que la France d'avant, c'est une France de flemmards. Il y aussi cette idée qui circule dans les rangs de la République en Marche d'un grand impôt national. Or, on peut logiquement craindre qu'un tel prélèvement pèse sur les plus pauvres.

Par ailleurs, il y a déjà eu un signe du gouvernement pour épargner les plus grandes fortunes. Dans le débat sur les dividendes avec les groupes du CAC 40, il y a eu une entourloupe. Ces entreprises qui ont recours au chômage partiel - autrement dit qui font payer leurs salaires par l'Etat - comme Michelin, Vivendi ou Publicis offrent des montagnes d'or à leurs actionnaires. Alors que les plus riches devraient être invités sur le champ à un effort de solidarité, le gouvernement accepte de les en dispenser et leur offre même des cadeaux. Vous connaissez le dicton : pourquoi faire payer les riches alors que les pauvres sont beaucoup plus nombreux ?".