L'édito éco d'Yves de Kerdrel - L'immobilier bat tous les records en 2019 !

Une hausse de 10% du nombre de transactions immobilières, des appartements devenus 3,1% plus chers, Lyon et Toulouse dont le prix des appartements sont encore plus en augmentation que dans la capitale, voici ce qui a interpellé Yves de Kerdrel dans les derniers rapports parus au sujet de l'immobilier en France.

Les immeubles haussmanniens ont toujours leur petit succès

Alors Yves, d’après les premiers chiffres dont on dispose, le marché immobilier français a battu tous ses records l’an passé ?

Oui, on en a parlé plusieurs fois à ce micro. Mais on ne s’attendait pas à de tels chiffres à la fois sur les prix et sur les volumes. D’abord c’est la première fois qu’en France on franchit la barre du million de transactions avec 100.000 ventes de plus qu’en 2018. Cela signifie que le nombre d’opérations immobilières a progressé de 10 % en un an. Ce qui est considérable. Ensuite s’agissant des prix, selon le réseau Century 21 qui couvre toute la France, ils auraient progressé de 3,1 % s’agissant des appartements.

Ce chiffre est une moyenne sur l’ensemble du pays qui cache de grandes disparités, puisque le marché reste mauvais dans la France rurale. En revanche, à Paris, toujours selon Century 21, on se dirige vers une hausse de 6,6 %, avec semble-t-il une accélération en fin d’année. Mais c’est le cas aussi à Lyon avec une hausse des prix de plus de 10 % ou à Toulouse avec une croissance de 6 %.

Évidemment la question à 1 million d’euros, c’est de savoir si tout cela va continuer ou s’il s’agit d’une bulle ?

Ce qui est certain, c’est qu’à la différence de ce qui a pu se passer dans les années 1990, il n’y aucun signe de spéculation, donc de bulle. Au contraire, il y a un certain nombre d’éléments qui sont rassurants et qui vont se retrouver cette année encore. Par exemple rarement autant de jeunes sont devenus propriétaires l’an passé, puisque la moitié des transactions sont faites par les moins de 40 ans. Il s’agit donc d’achats mûrement réfléchis dans le cadre de projets familiaux à long terme.

Le deuxième élément, c’est que l’immobilier est considéré, même à ces niveaux de prix comme une valeur refuge. Une valeur refuge pour ceux qui préparent leur retraite et ne veulent pas à avoir à payer un loyer lorsqu’ils se retrouveront avec leur pension. Une valeur refuge aussi pour certains investisseurs particuliers qui peuvent encore obtenir un rendement de 3 %, alors que les taux sont négatifs. En 2020 tout dépendra justement des taux d’intérêt. S’ils restent très bas, le marché immobilier pourrait battre un nouveau record. Sinon, le marché sera étale. Et ce sera une année de respiration.