L'édito éco d'Yves de Kerdrel - Le rapport choc du patron d'Air Liquide à Bruno Le Maire

Benoît Potier, PDG d'Air Liquide, vient de remettre un rapport au ministre de l'Économie censé servir de point d'appui à la stratégie industrielle des dix prochaines années. Qu'en est-il ? Quels secteurs seront impactés ? Quelles leçons le gouvernement doit-il en tirer ?

L'édito éco d'Yves de Kerdrel

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Benoît Potier, le patron de l’Air Liquide, vient de remettre à Bruno Le Maire un rapport sur les secteurs stratégiques pour la France ?

Oui, tout cela s’inscrit dans la démarche chère à Bruno Le Maire de constituer un pacte productif afin de réindustrialiser le Pays. Le ministre de l’Économie est conscient qu’on a beaucoup fait pour les start-up mais qu’il ne faut pas oublier les autres entreprises. Il a donc demandé à Benoît Potier, le Patron de l’Air Liquide et à collège d’experts un rapport sur les secteurs stratégiques d’avenir. Le but de ce rapport vise à construire une économie décarbonée et en même temps une économie de rupture technologique. Donc dix secteurs ont été retenus. De l’agriculture de précision, en passant par la santé digitale, et les technologies du quantique.

Il ont tous ont en commun de répondre à des enjeux de souveraineté mais aussi de société, comme la transition écologique, la santé et l’alimentation. Des enjeux fixés par le gouvernement et que le groupe d’experts a intégrés, en prenant en compte la possibilité d’y développer des marchés. Ils ont aussi la particularité d’être technologiques et de nécessiter une action de l’État, notamment en recherche, pour pouvoir émerger et grandir. Enfin, les experts n’ont retenu que les domaines dans lesquels la France avait déjà des atouts, en recherche ou par la présence d’entreprises innovantes.

 

C’est une chose de faire ce travail. Mais comment on applique les recommandations ?

Effectivement, ce travail de sélection fait, il revient maintenant à l’exécutif de décider des mesures à prendre. Mesures qui doivent être multiformes : aides à la R&D, à l’industrialisation et aux infrastructures, dispositions fiscales, levée de verrous réglementaires. D’après ce que nous savons, Emmanuel Macron devrait annoncer les mesures concrètes en avril, lors du dévoilement du pacte productif. 

Restera à s’atteler au plus délicat, la mise en œuvre qui s’étalera sur plusieurs années, voire une décennie. Pour Benoit Potier qui a rédigé ce rapport la bonne méthode consiste à travailler de façon décloisonnée entre tous les acteurs et tous les secteurs. Ça veut dire que l’État doit apprendre à faire confiance aux industriels et que les industriels comprennent qu’ils ne peuvent pas tout faire tout seul.