L'édito éco d'Yves de Kerdrel - "La priorité de Joe Biden est simple et difficile à la fois"

Élu président des États-unis Joe Biden est finalement peu connu. Mais on connait encore moins son programme économique. D’autant que Joe Biden qui est un démocrate modéré d’origine et de formation a été obligé de gauchir son programme. Vous vous souvenez que lors des primaires il était très menacé par deux candidats qualifiés de socialistes aux […]

Élu président des États-unis Joe Biden est finalement peu connu. Mais on connait encore moins son programme économique.

D’autant que Joe Biden qui est un démocrate modéré d’origine et de formation a été obligé de gauchir son programme. Vous vous souvenez que lors des primaires il était très menacé par deux candidats qualifiés de socialistes aux États-Unis. D’une part le très populaire Bernie Sanders qui se bat pour réduire les inégalités et d’autre part Elizabeth Warren qui veut taxer tout ce qui bouge. De manière à l’emporter il a donc inclus dans son programme une partie de leurs propositions sur les infrastructures et sur le climat. En échange, il a obtenu leur silence, ce qui lui a permis de gagner plusieurs millions de voix de républicains modérés.

Alors quelle va être sa priorité ?

Malheureusement elle est simple et difficile à la fois: il s’agit de relancer l’économie américaine affectée par la pandémie de Covid. Le plan de relance, bloqué au Congrès pour cause d’élections, va donc revenir à l’ordre du jour avant son entrée en fonctions le 20 janvier 2021. Ensuite il lui faudra renflouer les Etats et les collectivités locales en faillite et recréer des allocations-chômage fédérales. Car des millions d’américains ne payent plus leur loyer, ce qui menace de transformer la crise sanitaire en crise immobilière et donc financière. Bien sûr tout cela va aggraver les déficits et pourrait faire baisser le dollar, mais ce renflouement est jugé nécessaire par la Réserve fédérale américaine 

Quant à son programme initial ?

On sait qu’il est très attaché à remonter le salaire minimal fédéral de 7,25 dollars de l’heure, inchangé depuis juillet 2009, à 15 dollars. Second axe de M. Biden, il compte réaugmenter les impôts, mais moins que Donald Trump ne les a baissés lors de sa réforme de 2017. Cette réforme rapporterait 3 850 milliards de dollars sur dix ans et cette facture serait acquittée, principalement, par les 1 % les plus riches. Mais la mesure la plus décisive serait l’extension de la taxe destinée à financer la Social Security pour les revenus au-delà de 400 000 dollars, et sans limitation de plafond. Enfin il est important de noter que Joe Biden et sa colistière, Kamala Harris, n’ont pas appelé au démantèlement des géants du Web, les GAFA. Maintenant, tout dépendra de la majorité au Congrès. Et celle-ci pourrait dépendre de la Géorgie qui va être obligé de revoter pour les Sénatoriales.