éditorial

L'édito de Yves de Kerdrel

Yves de Kerdrel Sud Radio Éditorialiste
Economie

Le cadeau surprise de la BCE juste avant la guerre de succession franco-allemande

Alors que tout le monde ne parle que d’une hausse des taux à venir, la Banque Centrale Européenne a été dans le sens inverse hier en proposant aux banques des prêts très avantageux.

Oui Patrick, c’est vraiment un superbe contrepied que vient d’opérer la BCE à la surprise générale de tous les financiers européens.

Jusqu’à présent la BCE avait toujours laissé entendre qu’elle remonterait les taux en Europe à partir de cet été.

Hier elle a indiqué qu’elle ne toucherait pas aux taux d’intérêt au moins jusqu’à la fin de l’année

Et en plus la Banque a décidé de mettre en place une série de crédits géants à long terme pour les banques de la zone Euro.

Pourquoi tout ca ? Parce que la croissance est beaucoup plus faible que prévu (1,1 %), parce qu’il y a le Brexit et une inflation très modérée.

Le but c’est donc de donner aux banques tous les moyens possibles pour relancer l’investissement et la consommation qui sont les deux mamelles de la croissance.

Mais tout cela arrive en pleine guerre de succession à la tête de la BCE ? Exactement et c’est là où les choses se compliquent. L’italien Mario Draghi finit son mandat à la fin de l’année. Ce sera donc à son successeur qu’il reviendra de relever ou non les taux puisque lui a dit hier qu’il n’y toucherait pas.Ça promet une belle bataille entre Allemands et Français. Car les Français veulent que les taux restent bas pour stimuler la croissance.

Alors que les Allemands qui ont une peur bleue de l’inflation veulent qu’on remonte les taux le plus vite possible.

La guerre de succession a donc débuté hier et on a trois candidats. Un allemand, Jans Weidmann, le patron de la Bundesbank, surnommé le faucon, qui est très proche d’Angela Merkel. Et deux Français. Benoit Coeuré qui est déjà au directoire de la BCE et surtout François Villeroy de Galhau qui est le gouverneur de la Banque de France et qui est très proche de Macron. Mais tout dépendra des élections européennes, car si Michel Barnier obtient la présidence de la Commission Européenne, la France devra laisser la BCE à l’Allemagne.

Les rubriques Sudradio