Grèves SNCF : le manque à gagner est beaucoup plus important que prévu

Les pertes financière enregistrées par le Fret SNCF sont pratiquement trois fois plus importantes qu’annoncées, après les grèves perlées du printemps. C'est une information Sud Radio de notre reporter Mathilde Choin.

Thumbnail

100 millions d'euros, contre 38 millions avancés officiellement jusque là par SNCF Réseau. Voici le montant des pertes du Fret SNCF après les grèves perlées du printemps dernier, selon des chiffres compilés par le directeur général d'Eurorail, une entreprise spécialisée dans le fret, Eric Debrauwere.

 

Trois mois après la fin du mouvement, les entreprises ferroviaires en gardent de très nombreuses séquelles. C'est notamment le cas de la société Norske Skog basée près d'Épinal dans les Vosges. Les responsables de cette papeterie, qui compte 325 salariés, songent même à porter plainte contre le gestionnaire de la SNCF, SNCF Réseau.

"Nous n'avons pas de moyen de récupérer l'argent" : un transporteur lésé

Pour Jean-Yves Bourguignon, le responsable logistique de Norske Skog, la procédure engagée contre SNCF Réseau est radicale mais nécessaire."Aujourd’hui, nous n’avons aucun moyen de récupérer l’argent que nous avons perdu à cause de ce mouvement social" explique-t-il au micro de Mathilde Choin de Sud Radio.

Des conséquences dramatiques : il s’agit quasiment de 400.000 euros de pertes, en partie due au changement de transport, puisque cette société livre habituellement ses bobines de papier sur le rail. Elle a dû se rabattre sur la route pendant ces 3 mois de grève, entraînant des conséquences financières dramatiques. "Notre société fait partie d’un secteur industriel aujourd’hui en difficulté, avec une concurrence internationale extrêmement forte. L’impact financier est conséquent pour nous et très difficile à assumer"confie Jean-Yves Bourguignon, alors que la société est déjà endettée depuis le début des années 2000. Les responsables de la société ont envoyé un courrier à SNCF Réseau, mais il est resté sans réponse.

Une reprise de la grève, perlée ou non, serait selon Jean-Yves Bourguignon "une catastrophe, dans ce secteur en grande difficulté, qui peut mettre en péril notre entreprise". Avec le risque à terme de ne plus pouvoir livrer leur clientèle et perdre totalement leur confiance.