éditorial

L'édito de Yves de Kerdrel

Yves de Kerdrel Sud Radio Éditorialiste
Economie

Ghosn : comment Renault tente d’y voir plus clair

Alors que Carlos Ghosn a été maintenu en détention après ses 22 jours de garde à vue, le conseil d’administration de Renault se réunit aujourd’hui pour faire un point de la situation.

 

D’abord il faut préciser que ce conseil est un conseil ordinaire qui était prévu de longue date pour faire un bilan de l’année. Mais compte tenu des événements il va être presqu’entièrement consacré à l’affaire Ghosn. Depuis quelques jours les avocats de Nissan – société qui est mise en examen – comme Carlos Ghosn ont officiellement indiqué à ceux de Renault les charges qui pèsent contre Carlos Ghosn. Car jusqu’à présent, l’état- major, les administrateurs et même l’état français étaient informés uniquement par l’ambassadeur de France. À priori le board qui se réunit aujourd’hui aura une vision complète de la situation de Carlos Ghosn, car l'équipe de Nissan, qui a fait le déplacement à Paris, incluait des personnes ayant mené l'enquête interne. C’est sur la base de ces éléments que le conseil de Mitsubishi et celui de Nissan ont révoqué Carlos Ghosn. Mais il n’est pas certain que Renault fasse de même aujourd’hui. D’autant que l’Etat français qui est tout de même le premier actionnaire a affirmé qu’il n’avait pas accès aux détails de l’acte d’accusation.  

Donc a priori le conseil de Renault d’aujourd’hui ne va pas révoquer Carlos Ghosn. Des coups de fil que j’ai passés hier, j’ai eu le sentiment que personne, ni chez Renault, ni à Bercy ne voulait ajouter une crise à la crise. Pour l’instant il y a un président du conseil par intérim, Philippe Lagayette, et un directeur général qui fait le job. Ça satisfait tout le monde. Il reste que trois administrateurs ont été désignés pour examiner toutes les pièces qui sont censées servir de preuves contre Carlos Ghosn. Philippe Lagayette naturellement, Martin Vial le président de l’APE et un indépendant, Patrick Thomas. Quant à Carlos Ghosn, s’il reste Président de Renault en titre, va également rester en Prison. Car jusqu’à présent on lui reprochait des dissimulations effectuées entre 2011 et 2015. Désormais on commence à lui chercher des poux dans la tête sur la période 2015 – 2018. Autant dire qu’il n’en a pas fini avec cette très sévère justice japonaise.

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