Fermeture de Saint-Louis Sucre: les salariés écœurés à Marseille

L’avenir s'assombrit pour les salariés de Saint-Louis Sucre. L'industriel, filiale de l'Allemand Südzucker, a annoncé la fermeture de deux de ses quatre sucreries en France en 2020, ainsi qu'une vaste réorganisation pour faire face à une baisse des cours du sucre. Au total 130 emplois supprimés dans le Calvados, la Somme et à Marseille. Dans la cité phocéenne où c’est d’autant plus l’incompréhension que le site a déjà été restructuré il y a trois ans.

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Avec un plan de départ volontaires en 2015, présenté comme la seule solution pour pérenniser l’activité, Nair Galhem a déjà vu 80 collègues de travail s’en aller. Malgré ses 24 ans d’ancienneté chez Saint-Louis Sucre, ce père de famille de 3 enfants se dit qu’il sera le prochain sur la liste:

"On nous a dit qu'ils arrêtaient la raffinerie en 2015, et que le conditionnement était viable. Et trois ans après, on nous dit qu'il faut fermer. On nous prend pour des cons ! Ils ferment les usines en France, mais tout va bien pour eux en Allemagne !"

L’allemand Südzucker  qui détient  Saint-Louis Sucre, explique vouloir se réorganiser pour faire face à une baisse des cours. A Marseille, seuls cinq emplois seront sauvés  sur 58: la mort annoncée d'un ancien fleuron économique des quartiers nord, se souvient le délégué CGT Reda Bouchelaghem:

"Dans les années 80, ils étaient environ 1500. Aujourd'hui quand vous visitez l'usine, vous avez des étages complets qui sont fermés, à l'arrêt !"

Samia Ghali, sénatrice socialiste des bouches du Rhône, a écrit au gouvernement pour demander le remboursement du CICE (crédit impôt pour la compétitivité et l'emploi), qu’à touché Sudzucker:

"Quand on donne 8,8 millions d'euros, de l'argent des contribuables français à une société qui met des gens au chômage, c'est inacceptable !".

Les suppressions de postes sont prévues pour 2020, 163 ans après la naissance de l'usine.
 

Reportage Sud Radio de Lionel Maillet