Distances minimum pour l'épandage de pesticides : "personne n'est satisfait"

Le Conseil d'État étudie les recours en référé de collectifs de maires antipesticides et d’ONG qui estiment que les distances d’épandage de pesticides sont insuffisantes pour protéger les populations.

Le décret du 27 décembre 2019 impose des distances à respecter lors de l'épandage de pesticides. © AFP

Pour en parler, Christian Durlin, vice-président de la FNSEA et cultivateur dans le Pas-de-Calais, était l'invité de Patrick Roger le 11 février 2020 dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

 

"Des mesures alternatives n’ont pas été retenues par la règlementation"

"C’est clair qu’aborder cette question de la protection des riverains par la mise en place de distances n’était pas le bon angle d’approche. On voit que personne n’est satisfait sur cette approche-là. Ni les associations qui ont saisi le Conseil d’État, qui voulaient 150 mètres, ni les agriculteurs parce qu’on a, pendant plusieurs mois, mis en cause leurs pratiques, leur métier. On leur retire des surfaces, et rien n’est prévu pour les compenser actuellement."

Pour Christian Durlin, il existe des moyens plus efficaces de limiter l’exposition des populations aux pesticides. "Aujourd’hui, l’évolution technique des matériels nous permet de toujours réduire le risque d’impact par rapport à l’utilisation des produits phytosanitaires. On peut choisir des horaires de traitement, améliorer la qualité de la pulvérisation, utiliser des systèmes anti-dérive encore plus performants, et surtout bien choisir les produits. Ces dispositifs-là n’ont pas été retenus par la règlementation. C’est très dommage."

"Une réglementation supplémentaire ne règlera pas le problème"

"Quand vous faites un tour de France, vous voyez que la plupart des maires ruraux, pratiquement tous, se rendent très bien compte que sur le terrain [appliquer ces distances] n’est pas évident. Pour trouver le juste milieu entre les inquiétudes des populations, qui se posent des questions, et une profession qui a des obligations et des contraintes, ce n’est pas par une réglementation supplémentaire qu’on peut régler ce problème. Tout l’enjeu est de pouvoir s’expliquer les uns les autres.

On doit être dans une démarche d’amélioration, de progrès, ça, c’est évident", a déclaré Christian Durlin.

 

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