éditorial

L'édito de Jean-Baptiste Giraud

A propos...

Après 10 ans à BFMTV, il fonde l’hebdomadaire économique gratuit Economie Matin en 2004. Après l’avoir vendu, il le relance en pure-player en 2012. Il est également l’auteur d’une dizaine d’ouvrages e...
Jean-Baptiste Giraud ©Anthony Ghnassia
Economie

Des élus LREM veulent davantage de taxes sur les sodas, boissons sucrées et alcools forts

Se dirige-t-on vers davantage de taxes sur les sodas, les boissons sucrées et les alcools forts ? Éléments de réponse avec Jean-Baptiste Giraud.

On nous avait promis des taxes moins nombreuses et moins gourmandes, cela semble mal parti !

Et dans l’œil du viseur de certains parlementaires de la République en marche, mais aussi du gouvernement, on trouve deux cibles : les sodas et boissons sucrées d’un coté et les alcools forts, de l’autre.

Concernant les premiers, c'est le député LREM Olivier Véran, rapporteur général du projet de loi sur la sécurité sociale, qui veut taxer davantage les boissons contenant du sucre ou des édulcorants. C'est ce même élu qui, la semaine dernière, avait plaidé pour la suppression des allocations familiales pour les ménages les plus aisés. Cette fois, il veut donc alourdir les taxes sur certaines boissons afin de dissuader les consommateurs de les acheter. On appelle cela la fiscalité punitive ou, dans le cas présent, dissuasive. Du côté du gouvernement, on est cependant dubitatif sur l’intérêt d’une telle taxe, qui au final pourrait pénaliser les plus pauvres. En d'autres termes, les plus pauvres seraient forcément ceux qui boivent des sodas et des boissons sucrées parce que leur nutrition est médiocre, ce qui est un brin caricatural quand même, mais comme c’est la ministre de la Santé qui le dit... no comment !

Quid de l'alcool ? Là pour le coup, c'est le gouvernement qui projette d’augmenter de 10 % les taxes qui pèsent sur les alcools forts. On parle des alcools qui dépassent 15 degrés, ce qui épargnerait de fait la bière mais aussi le vin qui plafonne à 13 degrés pour les vins du sud. 10 % de taxes en plus, cela signifie qu'une bouteille de whisky à 30 euros passerait à 32 euros puisque les taxes représentent déja une part substantielle du prix d’une bouteille d’alcool. Là encore, il s’agirait de fiscalité punitive mais une punition qui rapporterait gros à l'État. On parle ainsi de 150 millions d’euros de recettes en plus pour le budget de la Sécu.

Cependant, tout cela n’est pas encore fait, nous n'en sommes qu'à l'état de projet et cette ambition devra passer le cap du Sénat. Toujours est-il que la créativité fiscale et la promesse de baisse d’impôts généralisée sont tout de même mises à mal par ce genre de propositions et d’annonces.

>> L'intégralité de la chronique est disponible en podcast

 

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