Cures thermales désertées: "certaines stations ne savent pas si elles vont pouvoir ré-ouvrir sur 2021"

La Banque de France va publier ce lundi matin ses chiffres de projections macroéconomiques pour la croissance au 3e trimestre. Plusieurs secteurs sont en grande difficulté: tourisme, aéronautique. Coup de projecteur sur le secteur des cures thermales: leur situation est très préoccupantes. Inquiétude dans les Hautes-Pyrénées, qui comptent le plus grand nombre de stations thermales en France, sept sites au total. Toutes ont vu leur fréquentation s’effondrer.

L'établissement de cure de Bagnoles-de-l'Orne en 2003. (MYCHELE DANIAU / AFP)
Reportage Sud Radio de Christine Bouillot

 

Pour le secteur, la peur a tout simplement gagné les curistes qui ont tout simplement déserté les séjours, explique Laurence Dulac, directrice des thermes de Capvern-les-Bains, dans les Hautes-Pyrénées:

 

"C'est carrément un cri d'alarme ! Certaines stations ne savent pas si elles vont pouvoir ré-ouvrir sur 2021, vu l'état des réservations et de la trésorerie ! " - Laurence Dulac, thermes de Capvern-les-Bains

 

Des saisonniers au chômage

60% de baisse de fréquentations, 9 millions d'euros de pertes, 30 millions rien que pour l'économie: c'est effectivement un marasme, confirme Benoit Bayle, directeur des Thermes de Cauterets: "Derrière, ça engendre aussi des emplois, beaucoup de choses au niveau des commerces", explique t-il, pointant du doigt la problématique des saisonniers. "Sur Cauterets, j'en ai 80 qui sont restés à la maison". Pourtant, tout est fait pour sécuriser les curistes. On a même ici imaginé des sas de confinement préventif, explique Marie Blanque, directrice des Thermes de Bagnères-de-Bigorre:

"Quand le patient arrive, on lui prend la température. Avant même qu'il ne rentre dans l'espace soin, on le dirige vers une petite salle de confinement. Le médecin thermal lui fait passer un test et, tout le temps d'attente des résultats du test, le patient n'effectue pas sa cure. Il est mis en sécurité à son hébergement" - Marie Blanque, thermes de Bagnères-de-Bigorre

 

D'ici la fin de l'année, les curistes se voient offrir des réductions importantes, pour espérer sauver la fin de la saison.

 

"On a une érosion qui s'est faite petit à petit, de semaine en semaine. 33% de ce qu'on fait d'habitude pour l'année. " - Benoit Bayle , directeur des thermes de Cauterets