Christophe Brusset : "il n’y a pas de définition claire, nette et précise de ce qu’est un produit bio"

Christophe Brusset était l’invité d’André Bercoff le 19 novembre 2020 sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Christophe Brusset invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Christophe Brusset, ancien trader de l’agroalimentaire, publie aux éditions Flammarion son livre Les imposteurs du bio, une enquête sur cette branche de l’agroalimentaire en plein développement et qui attire des convoitises mais aussi des arnaques.

 

"Vous avez de nombreux intervenants qui se servent du gros lot du bio pour faire du business comme avant"

"J’ai été invité la semaine dernière dans une émission débat avec une industrie du bio, quelqu’un spécialisé dans le bio, et à la dernière seconde, la personne s’est désistée quand elle a su que j’étais face à lui", confie l’auteur. "Il y a sur le marché du bio aujourd’hui des entreprises, des distributeurs, des producteurs qui sont parfaitement motivés qui font des produits dans l’esprit réellement du bio, et vous avez de nombreux intervenants, ce sont ceux que je dénonce dans mon livre, qui se servent du gros lot du bio pour faire du business comme avant".

 

La France, "le troisième marché mondial pour le bio"

Le bio s’inscrit dans la tendance du greenwashing, la volonté des entreprises d’afficher un respect de la planète uniquement en façade. Cette tendance, "a progressé sensiblement à partir des années 2000", analyse Christophe Brusset, "et ça s’est accéléré à partir des années 2012-2015". Durant ces années, le scandale de la viande de cheval a eu "un fort retentissement" en France, remarque l’auteur, ce qui a permis au marché français de devenir "le troisième marché mondial pour le bio".
"Si la progression continue, la France devrait être à elle seule le second marché bio au monde derrière les États-Unis" en 2025.

 

Une recherche "d’écoresponsabilité" chez le consommateur français

Cette croissance phénoménale est, pour l’auteur, liée aux scandales mais également au "manque de confiance" des Français envers "les politiques, médias, institutions". Il y a également une recherche de "plus sain", "plus naturel" ou "plus éthique" chez le consommateur français et donc "d’écoresponsabilité".

 

"Il n’y a pas de définition claire, nette et précise de ce qu’est un produit bio"

Le bio est partout, dans tous les supermarchés et même sur les marchés. Le consommateur risque de ne pas s’en sortir, ce que confirme Christophe Brusset : "le règlement européen vous dit qu’un produit est bio s’il répond au présent règlement". "De fait, il n’y a pas de définition claire, nette et précise de ce qu’est un produit bio."
D’autant plus que ce règlement est "bourré d’incohérences" puisqu’il autorise le chauffage de serres en hiver ou encore "de faire du transport par avion".
Quant à savoir si on achète réellement bio ou non, l’auteur de l’enquête est formel : même en tant que professionnel, "je n’avais aucun moyen de savoir si un produit était bio ou pas, hormis ce qui était marqué sur les documents."

 

 

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