Reportage Sud Radio. Alors que le gouvernement s’apprête à légiférer contre les abus liés aux plate-formes en ligne de type Airbnb, ce mode de location reste particulièrement lucratif pour les propriétaires.

La guerre entre Airbnb et l’industrie hôtelière va-t-elle connaître prochainement une nouvelle étape ? Le secrétaire d’État auprès du ministre de la Cohésion des territoires, Julien Denormandie, a en tout cas annoncé qu’une loi censée renforcer la législation autour de ce type de plate-formes de location de logements serait bientôt proposée. Une disposition rendue inévitable par l’explosion du nombre d’offres dans certaines villes touristiques comme Bordeaux, qui a vu son nombre de logements Airbnb se multiplier par quatre en deux, pour atteindre 12 000 actuellement

Élu d’opposition et fondateur de l’Observatoire Airbnb, Matthieu Rouveyre dresse un constat sans concession de l’ampleur et la nature du phénomène. "C’est explosif, et quand on regarde la disponibilité de ces logements, on s’aperçoit que 80% sont dédiés à la location saisonnière. Cela veut dire que dans certains quartiers, les touristes ont durablement remplacé les habitants !", explique-t-il au micro de Sud Radio. 

"Un moyen très clair de pouvoir continuer à payer le prêt de la maison"

Il faut dire que les propriétaires auraient tort de laisser passer l’aubaine. Séverine assure ainsi que louer son logement via Airbnb lui apporte un complément de revenu de l’ordre de... 15 à 20 000 euros par an. "Pour des durées assez limitées, une chambre toute l’année, et l’ensemble de la maison pour un certain nombre de jours. C’est une bonne affaire, oui ! Je vous avouerais que pour nous, c’est un moyen très clair de pouvoir continuer à payer le prêt de la maison et de partir en vacances", reconnaît-elle.

Malgré de nouvelles restrictions pour ses utilisateurs (limitation à 120 jours par an, obligation de s’acquitter de nouvelles taxes), Airbnb exerce toujours une concurrence déloyale à en croire les syndicats hôteliers. "Ce vent d’ubérisation de l’économie est arrivé, je pense, trop vite. Cela constitue effectivement une concurrence déloyale et les mesures qui ont été mises en place restent des mesurettes", déclare Frédéric Auriacombe, administrateur de l’UMIH Gironde (Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie).

Un reportage de Christophe Bernard

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