Black Friday : "Face à ce tsunami de promotions, stop à une surconsommation insensée !"

Black Friday d'un magasin à Londres (©Ben Stansall - AFP)

Alors que de très nombreux magasins proposent ce vendredi de grandes promotions dans le cadre du Black Friday, la Camif a décidé de suivre le chemin inverse, comme l’explique Emery Jacquillat, patron de camif.fr et invité du journal de 18h sur Sud Radio.

Plus encore que les soldes, le Black Friday incarne peut-être encore plus la frénésie dépensière favorisée par la société de consommation. Venue des États-Unis, cette journée verra ce vendredi de nombreux magasins français proposer d’importants rabais aux consommateurs. Patron de camif.fr, Emery Jacquillat était l’invité du journal de 18h sur Sud Radio ce jeudi pour expliquer pourquoi la Camif a décidé de prendre le contre-pied de cette démarche.

"Face à ce tsunami de promotions, nous disons stop à une surconsommation qui n’a pas de sens ! On marche sur la tête. Il y a deux semaines, 15 000 scientifiques nous ont dit que la planète allait dans le mur et qu’il fallait urgemment changer de mode de consommation et de production. Et à côté de ça, j’ai l’impression qu’on est comme sur le Titanic : tout le monde sait qu’on a heurté un iceberg et que ça va couler, mais on continue à faire la fête. À la Camif, nous sommes engagés depuis 2009 en faveur de la consommation responsable, avec des produits de qualité fabriqués localement dans le respect du développement durable", explique-t-il.

"Est-ce qu’on a vraiment besoin du dernier iPhone X ?"

Pour agir concrètement, la Camif a donc décidé de ne… rien vendre du tout ce vendredi ! "On a décidé de donner du temps à des associations emblématiques de la lutte contre la surconsommation qui proposent des services pour rénover ou réparer ses vieux meubles ou son électroménager, pour réduire ses déchets, recycler, etc. À travers un générateur de dons, on invitera demain tous les internautes qui le souhaitent à donner des objets, des meubles et du temps, et montrer qu’on peut faire autre chose que consommer", précise-t-il.

Quant à l’argument selon lequel la Camif peut se permettre une journée sans vente en raison de sa clientèle a priori fortement composée de fonctionnaires, Emery Jacquillat le balaye d’un revers de main. "La Camif est une entreprise rentable depuis trois ans. On l’a relancée à partir des clients historiques (pour beaucoup, fonctionnaires et sociétaires de la Camif), mais aujourd’hui deux tiers de nos consommateurs sont des gens comme vous et moi véritablement inscrits dans cette consommation responsable et souhaitant donner du sens à leurs achats. Ils n’ont pas plus de moyens que les autres, mais ils ont un acte de consommation plus réfléchi. C’est ce qu’on invite à faire aujourd’hui : est-ce qu’on a vraiment besoin du dernier iPhone X ? Il y a des alternatives à la surconsommation, on peut faire des arbitrages...", déclare-t-il.

Retrouvez en podcast toute l’interview d’Emery Jacquillat sur Sud Radio

 

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