éditorial

L'édito de Yves de Kerdrel

Yves de Kerdrel Sud Radio Éditorialiste
Economie

Après le SMIC, nouveau bricolage sur le remboursement de la hausse de la CSG aux retraités

Après le bricolage difficile à comprendre sur la fausse vraie hausse du Smic de 100 euros on a appris hier que les retraités ne seront remboursés du trop-perçu de la CSG qu’en juillet.

Si tout cela ne concernait pas des millions de français qui ont du mal à boucler leurs fins de mois, c’en serait presque risible. Vous vous souvenez qu’Emmanuel Macron a annoncé il y a une semaine l’annulation de la hausse de la CSG sur les retraites inférieures à 2000 euros. C’est une très bonne mesure, car les retraités étaient devenus les vaches à lait de ce quinquennat. Mais on a appris hier que la suppression de la CSG annoncée lundi dernier ne sera effective qu’en juillet prochain. Ça veut dire que non seulement elle n’est pas annulée là dés janvier comme les autres mesures, mais que les retraités vont continuer à payer les 8,3 de CSG pendant six mois au lieu de 6,6 %. Muriel Pénicaud, la ministre du travail a tout de même annoncé que les retraités en question recevraient le 1er juillet un chèque correspondant à ce qui leur aura été prélevé depuis janvier.

Tout cela donne une impression de joyeux désordre et c’est ce que ressentent les français selon un sondage Opinion Way publié par les Echos. À peine 27 % des français pensent que les mesures annoncées la semaine dernière sont bonnes pour l’économie et 25 % seulement les jugent équitables ! Malgré tout, la moitié des personnes interrogées juge que ces annonces auront un impact positif pour les catégories populaires. En revanche si l’on regarde ceux qui sont concernés, et bien seuls 35 % des Français disposant de moins de 2.000 euros par mois pensent que le pouvoir d'achat des classes populaires en sortira accru. Et 83 % des salariés ne pensent pas bénéficier, dans leur entreprise, de la prime de fin d'année, quant aux retraités : 73 % des retraités ne pensent pas profiter de la suppression de la hausse de la CSG. C’est dire si la manière dont ces mesures ont été conçues, bricolées et annoncées ne les rendent pas crédibles aux yeux des français. Alors qu’elles mobilisent tout de même 10 milliards d’euros d’argent public.

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