éditorial

L'édito de Yves de Kerdrel

Yves de Kerdrel Sud Radio Éditorialiste
Economie

Apple présente ses nouveaux modèles aujourd'hui lors de sa Keynote annuelle

Le géant américain Apple organise aujourd'hui sa traditionnelle Keynote, grande présentation annuelle de ses nouveautés, notamment en matière de smartphones.

Apple a eu beau s’imposer au départ sur le marché des micro-ordinateurs, ce sont les iPhones qui font tourner cette entreprise qui est depuis un mois la plus grande au monde par la valorisation boursière. En l’espace de onze ans, date de l’apparition du premier iPhone, Apple en a vendu près d’un milliard et demi. Et cette réussite est due au fait que la firme à la pomme renouvelle régulièrement sa gamme de smartphones. Ce qui lui permet d’en augmenter le prix et donc ses bénéfices.

Mais est-ce qu’il n’y aura pas un moment où les particuliers arrêteront d’acheter des téléphones dont le prix dépasse maintenant les 1000 euros ?

Curieusement le dernier iPhone mis en vente par Apple en fin d’année dernière et qui vaut plus d’un mois de salaire dans certains pays est le smartphone le plus vendu au monde.

Bien sûr il est très performant. Bien sûr il est esthétique. Bien sûr il a les meilleurs composants possibles.

Mais beaucoup l’achètent aussi car c’est devenu une sorte d’emblème social, comme un sac Hermès ou une Rolex pour d’autres. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la patronne du marketing d’Apple a été formée chez Burberry’s.

C’est donc cette mécanique bien huilée qui permet à Apple de voir son cours de bourse grimper tous les jours. 

Jusqu’au moment où la mécanique se grippe. Et là, le hic, il ne vient pas de Apple qui va présenter ce soir de très beaux produits, très attrayants et très chers. Il vient de Donald Trump.

Tous les iPhones sont fabriqués en Chine avec des prix très bas. Si le président américain impose des droits de douane de 20, 30 ou 50 %, Apple ne pourra pas relever ses prix qui sont déjà très élevés. Et ce seront ses bénéfices qui vont chuter. Il y a donc une sacrée épée de Damoclès qui pèse sur le modèle économique du groupe. Et qui tient au bon plaisir du Président américain.

Toute la question est donc de savoir si Donald Trump prendra ce risque, car la chute d’Apple en bourse pourrait entraîner d’autres stars de la nouvelle économie.

Le second point, c’est que Apple a versé il y a quelques mois 38 milliards de dollars d’impôts au fisc américain. Dans ces cas-là on évite de tuer la poule aux œufs d’or. Et puis s’il y a des mesures douanières qui sont populaires auprès des Américains, comme sur l’acier par exemple, ce ne serait pas le cas pour Apple.

Beaucoup d’Américains ont chez eu un ou deux, voire trois produits marqués du signe de la pomme. Et s’ils doivent les remplacer par des produits plus chers, à cause des Chinois, ils vont le vivre comme une forme d’impôt qui serait très impopulaire. Voilà pourquoi Donald Trump, qui est plutôt impulsif, a la main qui tremble sur ce sujet. En attendant de voir ce que dira Tim Cook, le patron d’Apple, ce soir où il sera évidemment interrogé sur ce sujet.

 

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