Vente aux enchères du Caravage à Toulouse : "Tout le monde le cherchait"

Il avait été découvert il y a cinq ans dans un grenier toulousain, gris de crasse, sous de vieux matelas. Le tableau, attribué au Caravage et représentant Judith décapitant Holopherne, est présenté au public depuis hier à Toulouse avant sa vente aux enchères le 27 juin prochain

 

Reportage de Christine Bouillot

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L'histoire de ce tableau du Caravage "Judith et Holopherne" est incroyable : il y a cinq ans, le trésor est découvert dans un grenier d’une vielle maison de Toulouse avant d'être authentifié comme une oeuvre unique et majeure du maître italien de la Renaissance. Après New-York, Rome et Paris, le tableau du Caravage est exposé à Toulouse, là où il a été sorti de l'oubli.

Découvert dans une vieille maison toulousaine

Depuis hier, les amateurs d'art se pressent à la salle des ventes Saint-Aubin à Toulouse, comme Maïté, venue spécialement du Gers : "Caravage à Toulouse ? Je me suis dit : il faut venir. Cela m'émeut."

On ignore comment cette toile s'est retrouvée dans un grenier d'une vieille maison toulousaine, mais en avril 2014, son propriétaire doit vider les lieux pour des travaux et fait appel au commissaire-priseur, Marc Labarbe : "Le tableau, quand le client m'a appelé, je ne suis pas allé le voir immédiatement, c'est un ami, donc il pouvait attendre. Lorsque je l'ai vu, je me suis dit 'bon, c'est un beau tableau. J'ai dit : école du Caravage' mais je me suis arrêté là."

La vente de l'année ?

Le commissaire va, dans le doute, demander l'avis d'un expert, Eric Turquin. Après des années d'expertises, la sentence tombe. Il s'agit bien d'un tableau du Caravage : "On a fait des analyses techniques : des analyses de pigments, des radios. Les pigments sont ceux qu'il utilisait quand il était à Naples en 1606 et 1607. Les coups de brosse sont les siens."

Exposé au public depuis hier, l'huile de 144 sur 173 centimètres, sera mise aux enchères la semaine prochaine. Sa mise à prix : 30 millions d'euros. Mais il pourrait atteindre entre 120 et 150 millions d'euros, soit la vente de l'année en France. Aucun musée français ne s'est porté acquéreur.