Rouvrir les théâtres, "ce n’est pas la première revendication des occupants."

Au théâtre de l'Odéon, les occupants veulent avant tout le retrait de la réforme de l'Assurance-chômage. Reportage de Grace Leplat.

Les occupants du théâtre de l'Odéon demandent avant tout le retrait de la réforme de l'Assurance-chômage qui entrera en vigueur le 1er juillet 2021. (Photo by STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Le gouvernement semble vouloir maintenir à tout prix le calendrier de réouverture des restaurants et des lieux de culture, avec une date privilégiée : le 17 mai 2021. Mais le tout avec une jauge maximum pour éviter des clusters, ce qui ne manque pas d’être critiqué par le secteur de la culture ; toutefois, ce n’est pas la principale inquiétude des artistes. Reportage de Grace Leplat.

"Les théâtres peuvent bien rouvrir, mais on restera là"

Sur la place du théâtre de l’Odéon, occupée par des artistes pour manifester leur détresse, des banderoles fraîchement peintes ont été placées. Gaëtan, comédien, est à l’accueil : "les théâtres peuvent bien rouvrir, mais on restera là". Et ce, "tant qu’on n’aura pas eu gain de cause", souligne-t-il. Comme nombre de ses collègues, il demande "le retrait du décret d’Assurance-chômage tel qu’il se prépare pour le 1er juillet".
Ils demandent aussi la prolongation des droits au chômage et un égal accès aux droits sociaux comme la retraite ou la médecine du travail, et ils continueront de se battre : "on est une quarantaine de personnes, une ruche de gens qui se relaient, parce qu’ici on travaille intensément", explique le comédien. Objectif : la convergence des luttes.

 

"Avec une jauge à 35 % de capacité d’entrée, c’est du délire"

Quant à Tom, musicien, qui occupe depuis près de 7 semaines le théâtre de l’Odéon, il critique le gouvernement concernant la jauge révélée par le Canard Enchaîné. "Avec une jauge à 35 % de capacité d’entrée, c’est du délire."
"S’il n’y a pas un réel plan de relance économique, pour la réouverture, ça va être juste une catastrophe : il va y avoir plein de gens qui vont se retrouver sur le carreau."

 

"Là on a fait une banderole contre la réforme de l’Assurance-chômage"

Le combat continue donc, banderoles à la main, dont la création est assurée par l’atelier d’Olivier qui assure que tout sera nickel au moment de quitter les lieux, mais ce n’est pas pour tout de suite. "Là on a fait une banderole contre la réforme de l’Assurance-chômage", explique-t-il. "Parce que rouvrir les théâtres, les lieux culturels, c’est quelque chose, oui, d’important… mais ce n’est pas la première revendication des occupants."

Des manifestations et la mobilisation se poursuivront tant que le gouvernement n’accédera pas à leurs revendications concernant la réforme de l’Assurance-chômage.

 

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