Philippe Geluck : "Est-ce que je vais m’arrêter totalement, un jour ? Je ne crois pas."

Le dessinateur et sculpteur Philippe Geluck, auteur du célèbre Chat, était l’invité de Valérie Expert et Gilles Ganzmann sur Sud Radio le 19 avril 2021 dans "Le 10h - midi".

L'exposition du Chat de Philippe Geluck, sur les Champs-Élysées, a attiré des foules. © AFP

Jusqu’au 9 juin 2021, le célèbre Chat de Philippe Geluck déambule en plein air sur les Champs-Élysées, à Paris. Les Parisiens sont invités à admirer ces sculptures géantes en bronze, l’entrée est gratuite.

Philippe Geluck : "Cette exposition ne coûtera pas un centime à la Ville de Paris"

Après Paris, l'exposition ira à Bordeaux, Marseille, Saint-Tropez, Caen et même ailleurs en Europe (Milan et Genève notamment). "Sur les Champs-Élysées ce sera parfait dans les contre-allées, j’ai calculé la taille des sculptures pour ça. Dans certaines villes ce sera un jeu de piste avec des sculptures dans divers endroits de la ville", a expliqué Philippe Geluck.

"Nous avons commencé à installer les sculptures dès le 24 mars 2021. Et tout de suite, les gens qui se promenaient là étaient heureux, les enfants se mettaient dans les poses du Chat… J’ai ensuite rencontré des milliers de visiteurs. En un week-end on a eu près de 100.000 visiteurs. En scannant le QR code en bas de chaque sculpture on peut télécharger une application qui fait à la fois audio guide et catalogue de l’exposition, le tout étant gratuit. Je vous dis : il n’y en a pas un qui ne m’a pas dit merci.

J’ai proposé les sculptures à la vente auprès de collectionneurs fortunés. Ils récupéreront la sculpture après la tournée. La vente permet ce genre d’exposition. Anne Hidalgo a accepté d’accueillir cette exposition à condition que ça coûte zéro centime à la Ville de Paris. Et moi aussi, je me suis engagé à ne percevoir aucun centime de bénéfices pour que tout l’argent aille d’abord à la tenue de l’exposition, puis au futur musée du Chat à Bruxelles."

"Il faut que la sculpture exprime quelque chose de manière muette"

On ne le sait pas forcément, mais Philippe Geluck s’essaie à la sculpture depuis presque deux décennies. "Je sculptais déjà. Le premier Chat en grand, c’était en 2003. Puis j’ai rajouté des Chats chaque année depuis 2008, en accélérant le mouvement. Je sais que tous les sculpteurs ont été dessinateurs. Giacometti dessinait, Rodin dessinait… Ces métiers sont liés. Je suis passé de l’un à l’autre assez facilement."

Philippe Geluck avoue néanmoins les difficultés de cet autre art. "Il faut que la sculpture exprime quelque chose de manière muette. Le Chat, il est bavard, il y a des bulles. Il n’y a pas tant de sculptures rigolotes dans l’histoire de la statuaire. En général, la sculpture est grandiloquente."

Philippe Geluck, compte-t-il s’arrêter bientôt ? "J’ai quitté le journal dans lequel le Chat paraissait 30 ans après le premier dessin. J’ai ainsi récupéré du temps pour peindre, pour sculpter. Je pense que c’est lucide de savoir s’arrêter en pleine possession de ses moyens. Est-ce que je vais m’arrêter totalement, un jour ? Je ne crois pas."

L’artiste assume ne pas vouloir créer de produits dérivés sur le Chat. "Il n’y a pas beaucoup de produits autour du Chat. C’est surtout des albums et des sérigraphies. Mais j’ai totalement renoncé à ce qu’on appelle le merchandising, à part le chocolat. Je ne fais pas de petites figurines, de porte-clés. Je me concentre sur l’édition et les cartes postales."

 

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Retrouvez l'invité média de Valérie Expert et Gilles Ganzmann du lundi au vendredi à partir de 10h00 sur Sud Radio dans "Le 10h - midi".

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