Michel Onfray : "Le détail d’une peinture est un concentré de philosophie"

Le philosophe, essayiste, Michel Onfray, auteur du livre « Le crocodile d’Aristote. Une histoire de la philosophie par la peinture » (éditions Albin-Michel) était l’invité d’André Bercoff, vendredi 18 octobre sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Michel Onfray invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Michel Onfray s'est intéressé à la peinture pour tenter de nous initier à la philosophie. Un exercice original dans une énième tentative de démocratisation de la philosophie.

 

Rendre la philosophie à tous

Issu d'une famille modeste, Michel Onfray est "sauvé par la philosophie". "Je pense que je dois aider à sauver des gens si je le peux avec la philosophie", se fixe-t-il en tête. Tout un travail, car 25 siècles de philosophie occidentale, ça a en fait "des choses à dire". Pour lui, "les philosophes de profession ont confisqué la philosophie pour eux-mêmes avec des mots, des expressions, des questionnements compliqués", souligne-t-il. "Pour moi, la philosophie ce n'est pas ça". Michel Onfray définit plutôt sa matière comme la réponse aux questions "comment vivre, vieillir, souffrir, être lucide ?". "C'est à dire regarder, voir ce qu'il y a à voir". 

La philosophie "n'est donc pas réservée aux philosophes mais à quiconque qui veut s'en emparer", note l'essayiste. Et c'est peut-être dans la peinture, que Michel Onfray va réussir à faire passer ses messages. "La peinture vous dira des choses philosophiques majeures", affirme-t-il. Dans son livre, Le crocodile d’Aristote. Une histoire de la philosophie par la peinture, Michel Onfray prend toujours "un détail dans une peinture, et écrit l'histoire de la pensée" symbolisée par ce détail.

Des pensées à partir de détails

Dans son livre, on peut retrouver "l'exemple de Diogène et du chien" qui symbolise la dépossession la plus totale, Santi de Tito, peintre du célèbre portrait de Machiavel, l’expressionniste norvégien Edvard Munch qui peigna le visage de Nietzsche, ou encore un visage de Machiavel inconnu, "probablement peint par Leonard de Vinci", conservé au Château de Valençay. Il sera présenté pour la première fois dans l'hiver, c'est donc un "scoop" qui réjouit le philosophe. Mais il y a aussi la recette de Sénèque, l'encrier de saint Thomas d'Aquin ou encore la main de Descartes.

"Le détail raconte la totalité", pense Michel Onfray. "Il y a des petits objets qui paraissent anodins mais qui en fait sont des concentrés de philosophie", explique-t-il. Et tout a son importance, "souvent un peintre peint une phrase qui résume une pensée".  

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