Françoise Canetti : "Boris Vian a fait ses débuts d’interprète sur une petite scène de 15 mètres"

Françoise Canetti et François Roulmann étaient les invités d'André Bercoff et Céline Alonzo le 8 février 2019 sur Sud Radio.
Françoise Canetti et François Roulmann étaient les invités d'André Bercoff et Céline Alonzo, le 8 février 2019 sur Sud Radio.

Invitée de l'édition culture de "Bercoff dans tous ses états", consacrée au 60e anniversaire de la mort de Boris Vian, Françoise Canetti, directrice des éditions et productions Jacques Canetti, a tenu à rappeler que Boris Vian avait été un homme de théâtre avant d'être chanteur. François Roulmann, auteur d'une Anatomie du Bison-Chrono bio bibliographie de Boris Vian (éditions des Cendres), également invité de cette émission, a pour sa part évoqué la célèbre chanson "Le déserteur" et l'apport de Boris Vian à la langue française. Françoise Canetti et François Roulmann étaient les invités d'André Bercoff et Céline Alonzo le 8 février 2019 sur Sud Radio.

Boris Vian a été dramaturge avant d’être chanteur

Au cours de cet entretien, Françoise Canetti nous a raconté les débuts de Boris Vian en tant qu’interprète. "En 1954, Boris Vian a fait jouer sur la scène des Trois Baudets, sa pièce 'Cinémassacre', dans la mise en scène d'Yves Robert. En 1955, il va écrire beaucoup de chansons, il va rencontrer le pianiste Jimmy Walter qui va l’encourager et lui donner des trucs. Et en 1955, Boris va faire ses débuts d’interprète sur la scène des Trois Baudets. Les gens étaient assis et regardaient chanter, sur une petite scène de 15 mètres, un certain Brassens, Brel, Gainsbourg… et bien sûr Boris Vian."

Françoise Canetti raconte aussi la rencontre entre son père, Jacques Canetti, et Boris Vian. "Ils se rencontrent en 1953, dans l’ascenseur de la Salle Pleyel. Boris connaît Jacques Canetti de nom puisqu’il sait que c’est lui qui a emmené en France, en 1930, son dieu musical, Duke Ellington. Et Canetti a entendu parler de Boris Vian. Cette rencontre, c’est un coup de foudre mais de l’amitié. Il va y avoir de la chanson, du jazz, il va y avoir les débuts du rock 'n' roll en France", se souvient-elle.

La chanson "Le déserteur" est restée interdite à la radio jusqu’en 1962

Quant à François Roulmann, au cours de cette émission, il a évoqué la chanson "Le déserteur", que Boris Vian a écrite et interprétée en 1954. "C’était le début de la guerre d’Algérie et la fin de la guerre d’Indochine. Mais au-delà de son contexte historique, cette chanson antimilitariste s’est imposée dans le monde entier comme un hymne à la paix. En France, elle est restée interdite à la radio jusqu’en 1962. D’ailleurs, quand Boris Vian était attaqué pour cette chanson, il répondait : 'Ce n’est pas une chanson antimilitariste, c’est une chanson pro-civile'."

François Roulmann nous a aussi raconté que Boris Vian avait influencé notre vocabulaire quotidien. "À l’époque, une chanson qui connaissait un grand succès et qui était reprise à la radio, s'appelait un 'saucisson'. Un jour, Boris Vian a dit : 'saucisson, c’est quand même un peu con. Et si on disait tube ?'."

Cliquez ici pour écouter l’invité d’André Bercoff dans son intégralité en podcast.

Retrouvez André Bercoff et ses invités du lundi au vendredi sur Sud Radio, à partir de midi. Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !

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